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Mercier–Hochelaga-Maisonneuve bloque un projet de transport de marchandises

Un promoteur qui souhaite faire transiter de la marchandise par camions et trains sur son terrain vers le port de Montréal voit ses projets contrecarrés par des changements apportés à la règlementation de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, a appris Radio-Canada. L'arrondissement a d'autres ambitions pour ce secteur.

Un texte d'Anne-Marie Provost, de Grand Montréal

Charles Raymond a acheté son terrain pour la somme de 20 millions de dollars en janvier dernier, avec l'intention d'en faire un pôle d'envergure pour l'exportation de marchandises. Le vaste lot de près de 240 000 mètres carrés est un emplacement de choix, proche du fleuve et des cargos maritimes du port de Montréal.

Le terrain industriel a été laissé à l'abandon pendant plusieurs années. Pour l'instant, le paysage est parsemé de buttes de terre, de gravier, de végétation, de vieux rails de chemin de fer et de déchets. Des camions y circulent aussi pour réhabiliter le secteur, fortement contaminé, à l'aide de chargements de terre récupérée à l'emplacement des travaux de l'autoroute 25.

C'est par l'intermédiaire de sa société Gaïa QC inc. que Charles Raymond a acheté le lot.

La société par actions est le pendant immobilier de Ray-Mont Logistiques, une entreprise bien connue dans le sud-ouest de Montréal, où elle exploite un grand terminal à conteneurs. On y effectue du chargement, du transport et de l'entreposage de marchandises. Cela fait toutefois quelque temps que l'homme d'affaires souhaite déménager, nous a-t-il expliqué.

Le terrain dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve représentait une occasion d'investissement. Si aucun projet formel n'a encore été déposé à l'arrondissement, le promoteur entrevoit plusieurs possibilités pour le terrain.

Des rails de chemin de fer traversent le terrain jusqu'au port, où des conteneurs pourraient circuler jusqu'aux cargos. On anticipe également que le prolongement projeté du boulevard de l'Assomption et de l'avenue Souligny sur le terrain permettrait la circulation par camions.

Conflit de vision

Les ambitions de Charles Raymond se heurtent cependant à la vision de l'arrondissement, qui ne veut pas que le secteur se limite à la circulation de marchandises. Mercier-Hochelaga-Maisonneuve souhaite plutôt des activités avec de la « valeur ajoutée », qui implique des entreprises avec des bâtiments sur place et de la création d'emplois.

Déjà en 2014, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve apportait des changements à sa règlementation pour restreindre les activités d'entreposage extérieur.

Plus récemment, en avril dernier, un avis de motion a été déposé au conseil d'arrondissement. Le maire de l'arrondissement, Réal Ménard, visait à empêcher l'entrepôt, les activités de marchandise en gros, le transport et la distribution dans un secteur qui comprend le nouveau terrain de M. Raymond.

Charles Raymond a été mis au courant de ce changement au règlement en discutant avec Radio-Canada.

Ces informations l'ont pris au dépourvu. Il mentionne avoir toujours voulu travailler en collaboration avec l'ensemble des personnes concernées et discuter de la meilleure forme à donner à son projet.

Problèmes dans le Sud-Ouest

La circulation de camions et de trains dans un secteur peut causer des désagréments pour les voisins, tout comme la présence de conteneurs.

Dans le sud-ouest de Montréal, où Charles Raymond a actuellement des opérations, des résidents se plaignent du bruit et de la pollution.

Des rapports d'inspecteurs municipaux que nous avons obtenus font état de diverses critiques.

Charles Raymond assure toutefois qu'il veut faire les choses différemment sur son terrain dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et que le secteur est plus adéquat que dans le Sud-Ouest.

S'il se dégage une ambiance industrielle autour de son nouveau terrain, il y a aussi quelques immeubles à logements à côté du terrain et un centre de soins prolongés pour les personnes en perte d'autonomie. Il souhaite construire un mur pour limiter le bruit.

De son côté, Réal Ménard veut attendre le dépôt d'un projet formel à l'arrondissement avant de commenter plus loin les intentions de M. Raymond.

Et la porte n'est pas encore complètement fermée si le promoteur veut concrétiser ses idées. Il a la possibilité de déposer un projet avec un statut particulier, qui lui permettrait d'obtenir une dérogation au règlement si l'arrondissement venait à l'approuver.

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