Dimanche, le pape François fera de mère Teresa une sainte. Remarquez que, de son vivant, certains (et ils étaient nombreux) l'avaient déjà canonisée. Et dans son fan-club, il y avait un inconditionnel, Jean-Paul II.

Un texte de Alain Crevier animateur de Second Regard

Ça tombe bien parce que si quelqu'un peut accélérer le processus d'une cause en sainteté, c'est bien le pape. Et c'est exactement ce que Jean-Paul II a fait. Ironie du sort, Jean-Paul II est devenu un saint homme quelques années avant celle qu'il admirait.

Quand on dit que la marche vers la sainteté est une longue route, ils auront cependant bénéficié tous deux d'un traitement de faveur rarissime : le saint accélérateur!

Mère Teresa, radicale?

Je crois que ce qu'aimait Jean-Paul II chez la fondatrice des Missionnaires de la Charité, c'est son côté radical.

Sur la contraception et l'avortement, Mère Teresa était sans compromis; elle s'y est toujours opposée, même dans les cas de viols.

La souffrance est une sorte de preuve de l'amour de Dieu, disait-elle!

Mais comment ne pas être radicale lorsqu'on donne sa vie aux plus pauvres parmi les plus pauvres dans les quartiers les plus difficiles de Calcutta?

Si radicale, diront certains, que ce Prix Nobel de la paix semblait oublier parfois que plusieurs de ses généreux donateurs étaient de vils personnages ou de cruels despotes ou de véritables crapules. On lui reproche encore aujourd'hui cette étrange apparence d'amitié, par exemple, avec Jean-Claude Duvalier qui, disait-elle, aime ses pauvres et est aimé par ses pauvres. L'histoire a démontré précisément le contraire.

Comment justifier de telles accointances? Fallait-il laisser tout cet argent dans les poches des corrompus ou s'en saisir pour venir en aide aux pauvres? C'est une question intéressante, mais serait-ce aussi un embarrassant raccourci? Comment peut-on rendre noble un vol ou un détournement d'argent? Quand on agit de la sorte, devient-on Robin des bois ou complice des truands?

En Italie, il y a une loi qui permet à l'État de saisir les biens appartenant à la mafia. Parfois, l'État remet ces biens à des organisations charitables. Mais cogner à la porte des Duvalier, Keating, Hoxha, Maxwell et autres créatures du genre, ce n'est pas tout à fait la même démarche, non?

Mais avec le temps, l'histoire jugera.

La sainteté en question

Mère Teresa, une radicale, disions-nous. Mais est-ce que ce n'est pas le cas de bien des saints et des saintes de l'Église catholique? Des gens peu reposants, souvent pas raisonnables et parfois excentriques, des modèles étonnants. Ne faut-il pas être un peu excessif pour devenir un modèle de vertu?

Et si l'Église proposait autre chose? Par exemple, simplement des gens qui n'ont pas été la source de mystérieux miracles, qui n'ont pas fondé d'ordre religieux ou été persécutés à cause de leur foi, mais simplement des gens qui ont fait du bien autour d'eux. Qui ont su réconforter, accueillir et donner.

Un bon catholique doit-il nécessairement fréquenter des truands pour les détrousser de ce qu'ils ont eux-mêmes volé aux autres ou tout simplement une personne juste, généreuse, bonne?

Peut-être que le monde a besoin de toutes les mères Teresa de l'univers. Et peut-être que la polémique entourant la sainteté de mère Teresa pointe dans cette direction. Qu'est-ce que la sainteté aujourd'hui? Si elle existe, cette sainteté, ne la trouverait-on pas dans la vie de tous les jours d'une foule de gens... ordinaires? Personnellement, j'en connais plusieurs. Vous aussi?

 

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