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Mésentente sur le pétrole canadien au Conseil de la fédération

Les enjeux reliés à l'exploitation énergétique créent des tensions parmi les premiers ministres des provinces et des territoires qui se réunissent, aujourd'hui et demain, à Terre-Neuve-et-Labrador.

La rencontre du Conseil de la fédération n'était pas encore amorcée que déjà, le premier ministre de la Saskatchewan vociférait son mécontentement face au Québec et à l'Ontario.

Car d'ouest en est, les intérêts et même les philosophies divergent. Toute la difficulté consiste à trouver un équilibre entre la protection de l'environnement et le développement des ressources naturelles, comme les sables bitumineux.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, en a particulièrement contre le projet de stratégie énergétique nationale sur lequel planchent les premiers ministres des provinces.

Selon lui, ce projet qui fait grand cas des préoccupations environnementales n'est pas représentatif de la réalité du Canada, qui possède la troisième réserve de pétrole en importance du monde, après le Venezuela et l'Arabie saoudite.

Mercredi, après que les premiers ministres eurent fait preuve d'une belle unanimité au sujet de la question autochtone, M. Wall a jeté un pavé dans la mare : certaines provinces, dit-il, sont malvenues de dresser des obstacles devant les projets de pipelines. Le pétrole rapporte à tous les membres de la Confédération, qu'ils soient ou pas producteurs d'or noir, dit-il.

Sans les nommer spécifiquement, ce sont le Québec et l'Ontario que vise le premier ministre saskatchewanais. Et le projet qu'il défend en sourdine n'est nul autre que celui de TransCanada : Énergie Est. L'entreprise albertaine entend ériger un pipeline de 4600 km qui parcourrait six provinces pour transporter le pétrole albertain jusqu'au Québec et au Nouveau-Brunswick. Il transporterait aussi du pétrole de schiste en provenance de la Saskatchewan et du Manitoba.

Un discours qui irrite la Saskatchewan

Le premier ministre du Québec a signifié clairement qu'il n'entendait pas approuver ce projet de la société albertaine TransCanada s'il n'était pas accompagné de retombées économiques significatives pour sa province. En outre, le Québec a posé sept conditions à TransCanada, réclamant notamment que l'entreprise consulte les communautés locales, procède à une évaluation environnementale et apporte la garantie d'un plan d'intervention et d'indemnisation en cas d'accident.

De son côté l'Ontario demande que le projet respecte les standards techniques les plus élevés pour assurer la protection des citoyens et le respect de l'environnement.

Or, il est grand temps, dit Brad Wall, que ces provinces cessent de voir l'industrie pétrolière comme un risque pour l'environnement. Elle est plutôt une source de richesse qui leur profite largement par l'entremise de la péréquation, souligne-t-il. 

Et d'ajouter Brad Wall : « Je crois qu'aucune province dans cette Confédération ne devrait pouvoir faire obstacle à un projet de pipeline ».

Trouver l'équilibre

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, est cosignataire du document préliminaire qui, s'il est entériné, pourrait constituer la stratégie nationale énergétique proposée par le Conseil de la fédération.

Brian Gallant souligne que le développement des ressources naturelles et des projets énergétiques est de compétence provinciale. Donc, il revient aux provinces de décider du sort de leurs ressources naturelles, dit-il, tout en s'empressant d'ajouter ce bémol : « Il n'y a pas de doute qu'il faut trouver un équilibre entre la création d'emplois et la protection de l'environnement ».

Brian Gallant pense qu'on peut, en parallèle, mener la lutte contre les changements climatiques tout en favorisant l'essor du secteur énergétique canadien, une position également partagée par sa collègue albertaine Rachel Notley. Il rappelle que la plus grande raffinerie au Canada se trouve au Nouveau-Brunswick. C'est pourquoi il se dit favorable au projet d'oléoduc Énergie Est.

« Ça va aider beaucoup de provinces, franchement, parce qu'un grand nombre de nos entreprises sont déjà en train de faire des travaux pour l'industrie pétrolière », souligne le premier ministre néo-brunswickois.

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