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Meurtre au Maxi : Tshilumba avait peur d'être attaqué, selon sa mère

La mère de Randy Tshilumba affirme que son fils s'était renfermé au cours des dernières années, qu'il avait des peurs irraisonnées et qu'il craignait pour sa sécurité. Elle témoigne au procès du jeune homme de 21 ans, accusé du meurtre prémédité de Clémence Beaulieu-Patry au Maxi, le 10 avril 2016. Étranglée par l'émotion, la dame a dû interrompre son témoignage, mardi, au palais de justice de Montréal.

Un texte de Geneviève Garon

« Il se peut qu'on vienne ici pour nous attaquer », aurait dit Randy Tshilumba à sa mère, dans les mois précédents le meurtre de Clémence Beaulieu-Patry.

Tshipata Irène Mbiye affirme que son fils lui a souvent demandé de déménager, disant craindre pour sa sécurité. Il disait être victime d'intimidation sur Internet de la part de personnes « anonymes. »

Selon Mme Mbiye, son fils était parfois terrorisé, sans raison. Il l'a déjà réveillée en pleine nuit, prétextant avoir vu un rat ou avoir entendu un gros bruit, alors qu'il n'y avait rien. « Il avait l'air très apeuré », raconte-t-elle.

Elle témoigne aussi l'avoir déjà vu « courir à toute vitesse » dans la rue et lui avoir dit : « j'ai vu quelque chose là-bas qui m'a fait peur », mais sans être capable d'identifier quoi que ce soit.

Mme Mbiye soutient avoir été très inquiète et lui avoir proposé de consulter un psychologue. Il aurait toutefois refusé, prétextant avoir déjà reçu une prescription d'anxiolytiques de la part d'un médecin.

En réponse aux questions de l'avocat de la défense, Philippe Larochelle, elle explique que la vie de son fils a commencé à déraper vers la fin de son secondaire 4. Randy Tshilumba serait passé d'un adolescent sportif, joyeux et entouré d'amis, à un garçon triste, isolé, avec des résultats scolaires qui chutent.

Elle s'effondre en se rappelant l'arrestation

« Je ne comprenais rien de cela, c'était hors de moi. Je connais bien mon Randy, il est toujours tranquille, jamais violent », affirme Mme Mbiye entre deux sanglots, en se remémorant l'arrestation de son fils en pleine nuit en avril 2016.

Lorsque les policiers ont emmené le jeune homme, la mère a eu l'impression de vivre un cauchemar.

Debout à la barre des témoins, la dame a éclaté en sanglots et l'audience a été suspendue pour lui laisser le temps de reprendre son calme.

Tshilumba reconnaît avoir menti aux policiers

Vers la fin de son contre-interrogatoire, mardi, Randy Tshilumba a admis avoir menti aux policiers lors de son arrestation. Il a nié connaître la victime, alors qu'il avait étudié avec elle au secondaire.

Il a aussi reconnu ne pas avoir dit aux enquêteurs qu'il croyait que Clémence Beaulieu-Patry et ses amies voulaient s'en prendre à lui et qu'il était terrorisé par elles.

Au cours des quatre jours de son témoignage, l'accusé a insisté sur le fait qu'à partir d'un an et demi avant le meurtre, il était persuadé que la victime et quatre de ses amies voulaient sa peau et l'espionnaient. Même après le meurtre de Clémence Beaulieu-Patry, Randy Tshilumba a raconté qu'il avait encore peur que les autres filles viennent lui faire du mal.

Pourquoi avoir caché le couteau?

La poursuite s'est intéressée au comportement de l'accusé après le crime. Pourquoi ne pas avoir gardé son couteau dans les heures et les jours suivant le meurtre s'il croyait devoir se défendre à nouveau? Pourquoi avoir caché le couteau dans un casier du cégep André-Laurendeau? Pourquoi avoir fait des recherches sur Internet afin de savoir comment se débarrasser d'une arme ?

Randy Tshilumba a expliqué qu'il craignait que sa mère ne lui confisque le couteau de chasse. La poursuite estime plutôt qu'il cherchait à se débarrasser du couteau taché du sang de la victime pour que la police ne le trouve pas.

La procureure aux poursuites criminelles et pénales, Catherine Perreault, s'est aussi montrée étonnée qu'il paraisse calme dans le métro, au lendemain du meurtre, sur les images de caméra de surveillance. Il a pourtant raconté avoir été terrorisé à l'idée que les amies de la victime l'attaquent.

Selon la poursuite, Randy Tshilumba a planifié de tuer Clémence Beaulieu-Patry parce qu'elle avait refusé ses avances. Il aurait prémédité son geste et emporté des vêtements de rechange avec lui le soir du meurtre.

L'accusé présente une défense en lien avec ses troubles mentaux.

Le procès se poursuit mercredi.

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