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Meurtre de Tim Bosma: ce que le jury n'a jamais su

Les jurés ont repris mardi leurs délibérations au procès des présumés meurtriers de Tim Bosma en cour supérieure à Hamilton. Dellen Millard et Mark Smich sont accusés du meurtre prémédité du résidant d'Ancaster qui a été tué en 2013 au moment où ils faisaient l'essai de la camionnette que la victime avait mise en vente sur Internet. Le jury est séquestré depuis lundi en fin d'après-midi.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Dans ce procès, il existe de nombreuses preuves que le juge Andrew Goodman a écartées après en avoir débattu avec les Procureurs et les avocats de la défense en l'absence du jury. Les médias sont maintenant autorisés à les publier légalement, puisque le jury est séquestré.

Le jury n'a donc pas su que Dellen Millard était lui aussi engagé dans le trafic de drogue et que les deux accusés possédaient plus que l'arme à feu qui a servi à tuer Tim Bosma, mais qui n'a jamais été retrouvée. Ces informations ont été qualifiées comme étant préjudiciables pour les deux accusés.

L'arme du crime

Le jury a toutefois appris la nature de l'arme du crime, puisqu'un revolver Walther PPK avait été pris en photo dont un exemplaire a été retrouvé dans le dispositif de sauvegarde d'un ordinateur au domicile de Dellen Millard. La Couronne est convaincue qu'il s'agit du revolver qui a tué Tim Bosma le soir du 6 mai 2013.

Il n'a toutefois rien su des conversions par messages textes entre Millard et le trafiquant d'armes Matthew Ward Jackson. Dans l'une d'entre elles, Millard a demandé à Jackson si le revolver était "propre", une allusion dans le jargon des trafiquants au fait qu'une arme n'a encore jamais servi à commettre un crime.

La photo d'une balle de revolver portant l'inscription « ton nom ici » a par ailleurs été retrouvée sur la page Facebook de Mark Smich, mais elle n'a jamais été mentionnée aux jurés. Les recherches des enquêteurs dans les données de l'ordinateur de Smich montrent en outre que l'individu de 28 ans appréciait les vidéos sur YouTube qui portaient sur les armes et les munitions.

Trafic de drogue

Le jury n'a pas su non plus que les deux accusés fumaient de la marijuana et que Mark Smich consommait des médicaments comme de l'Oxycodone ou encore des hallucinogènes. Ce dernier avait en outre été arrêté pour possession de cocaïne dans le passé.

Les deux hommes vendaient également de la drogue et des stéroïdes. Ces informations n'ont toutefois jamais été dévoilées au jury, parce que les avocats de la défense ne voulaient pas que le procès ne dégénère en mêlée générale sur la consommation abusive et la vente de drogues de leur client respectif.

Une partie des déclarations de l'ancienne petite amie de Smich, Marlena Meneses, a également été occultée dans les audiences devant jury. Mlle Meneses a par exemple dit aux policiers que Dellen Millard lui avait demandé de porter sur le ventre une fausse prothèse pour faire croire qu'elle était enceinte afin de cacher dans la cavité des munitions lorsqu'ils retourneraient d'un voyage en voiture aux États-Unis.

Ce voyage n'a toutefois jamais eu lieu parce que Mark Smich avait dit à la jeune femme de ne pas jouer les mules.

Allusions à d'autres procès

Dellen Millard et Mark Smich sont également accusés de meurtre prémédité relativement à la mort de la Torontoise Laura Babcock. Millard est aussi accusé du meurtre prémédité de son père dont la mort avait d'abord été qualifiée de suicide. Le jury dans ce procès n'a jamais rien su des accusations relatives à ces deux meurtres, parce qu'il doit se consacrer uniquement aux preuves propres à cette cause.

Fait inusité, le juge Goodman a par ailleurs étendu la portée de l'interdit de publication sur certaines informations dans le procès relatif au meurtre de Tim Bosma jusqu'à la fin du procès relatif au meurtre de Laura Babcock, lequel s'ouvrira au début 2017.

Les avocats de la défense ont par ailleurs tenté de faire avorter le procès dès la troisième semaine des audiences. La défense de Smich a ensuite essayé, seule, de faire annuler les procédures une seconde fois un mois et demi plus tard, mais sans succès. Leurs raisons sont toutefois sous le coup de l'interdit de publication que le magistrat a imposé sur certaines informations.

Les délibérations se tiennent de 9h30 jusqu'à 20h30 avec deux pauses d'une heure chacune pour le lunch et le dîner.

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