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Michael Cohen « m'a représenté » dans l'affaire Stormy Daniels, lâche Trump

Donald Trump admet pour une première fois que l'avocat Michael Cohen l'a représenté dans une histoire visant à faire taire l'actrice porno Stormy Daniels, qui allègue avoir eu une relation sexuelle avec lui en 2006.

« Michael me représente, comme dans cette entente folle avec Stormy Daniels, il m’a représenté », a-t-il laissé tomber jeudi matin au cours d'une longue entrevue téléphonique accordée à l’émission Fox & Friends. « À ce que j'ai vu, il n'a absolument rien fait de mal. Il n'y a pas eu de fonds de [ma] campagne dans ça. »

Cette déclaration du président américain contredit celle qu’il a faite il y a trois semaines à des journalistes qui l’accompagnaient à bord de l’avion présidentiel.

  • Q. « Étiez-vous au courant d’un paiement de 130 000 $ fait à Stormy Daniels? » s’était-il fait demander.
  • R. « Non »
  • Q. « Alors pourquoi Michael Cohen a-t-il fait ça [le paiement], si les allégations ne sont pas vraies? » avait-il été relancé.
  • R. « Vous devez le demander à Michael. Michael est mon avocat. Vous devez le demander à Michael. »
  • Q. « Vous savez où il a trouvé l’argent pour faire le paiement? »
  • R. « Non, je ne sais pas. »

Il s’agissait des premiers commentaires du président Trump depuis que le Wall Street Journal avait révélé, trois mois plus tôt, que M. Cohen avait versé 130 000 $ à Mme Daniels.

M. Cohen a déjà déclaré au New York Times qu’il a versé cette somme à même ses fonds propres, sans être remboursé directement ou indirectement par la Trump Organization ou la campagne électorale de M. Trump.

Il a aussi dit que le président ignorait tout de la transaction.

Le paiement était « légal », a dit M. Cohen et ne constituait « pas une contribution ou une dépense électorale », comme l'allègue l'organisation Common Cause dans une plainte déposée auprès de la Commission électorale fédérale.

Michael Cohen, reconnu comme celui qui règle les problèmes du président depuis des années, est maintenant visé par une enquête criminelle menée par le FBI et le bureau du procureur fédéral du district sud de New York.

Il est également visé par une poursuite civile intentée par Mme Daniels pour faire annuler l’entente de confidentialité qui lui a valu 130 000 $, au motif que l’entente n’a pas été signée par M. Trump.

La Maison-Blanche a toujours nié que M. Trump a eu une relation sexuelle avec Mme Daniels - de son vrai nom, Stephanie Clifford - même si cette dernière admet y avoir librement consenti.

En entrevue à MSNBC, Michael Avenatti, l’avocat de Stormy Daniels, a soutenu que le président Trump venait de faire « une admission énormément dommageable ».

« Merci Fox & Friends d’avoir reçu M. Trump ce matin pour discuter de Michael Cohen et de notre dossier. Très informatif », a-t-il aussi commenté sur Twitter.

« M. Trump et M. Cohen ont précédemment affirmé au peuple américain que M. Cohen avait agi de son propre chef et que M. Trump ne savait rien de cette entente avec ma cliente, le paiement de 130 000 $, etc. », a-t-il ajouté.

« Tel que je l’avais prédit, il a maintenant été démontré que c’était complètement faux »

Cohen veut se prévaloir de son droit à ne pas s'autoincriminer

Les commentaires de M. Trump sur l'affaire Daniels ont été faits après qu'il eut été interrogé au sujet de la décision de Michael Cohen de se prévaloir du cinquième amendement de la Constitution américaine dans le cadre de la poursuite civile intentée par Mme Daniels. Cela lui donne le droit de refuser de témoigner pour ne pas s'autoincriminer.

« Sur les conseils de mon avocat, je plaide le cinquième amendement pour toute la procédure dans ce litige en raison de l'enquête criminelle en cours du FBI et du procureur » de New York le concernant, écrit Michael Cohen dans cette déclaration déposée au tribunal supérieur de Los Angeles mercredi.

Il n'est pas rare qu'une personne visée à la fois par une procédure civile et une enquête criminelle évoque ce cinquième amendement dans le cadre de la procédure civile pour éviter d'avoir à témoigner et de présenter des documents potentiellement incriminants.

« Laissez-moi vous dire, Michael est en affaires. Il est vraiment un homme d'affaires », a dit le président lorsqu'interrogé à ce sujet à Fox & Friends. « Je ne connais pas ses affaires, mais ça n'a rien à voir avec moi. Michael fait des affaires. Il pratique aussi le droit. »

M. Cohen n'a géré qu'une « minuscule, minuscule fraction » de mes dossiers juridiques a ensuite précisé le président. « Mais Michael m'a représenté et me représente pour certaines affaires », a-t-il ajouté, avant de révéler que cela s'était produit dans le dossier de Stormy Daniels.

Relancé sur la décision de son avocat d'évoquer le cinquième amendement, M. Trump a déclaré : « Ses avocats lui ont probablement dit de faire ça », avant d'ajouter « Je ne suis pas impliqué, et on m'a dit que je ne suis pas impliqué ».

L'avocat de Mme Daniel avait fortement réagi à la décision de M. Cohen mercredi soir. « « C'est un développement stupéfiant », a-t-il commenté. « Dans l'histoire de notre pays, jamais un avocat représentant le président en fonction n'a évoqué le cinquième amendement pour un enjeu concernant le président. »

Lors de la campagne électorale de 2016, Donald Trump avait vivement attaqué des conseillers de son adversaire Hillary Clinton qui avait choisi de se prévaloir du droit à ne pas s'autoincriminer. « La mafia utilise le cinquième » amendement, avait-il dit lors d'un rassemblement électoral. « Si vous êtes innocent, pourquoi se prévaloir du cinquième amendement? »

Dans les faits, M. Trump a lui-même déjà utilisé ce moyen légal. Dans une cause de divorce, en 1990, il avait évoqué le cinquième amendement pour éviter de répondre à 97 questions.

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