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Michel Cormier, directeur de l’information de Radio-Canada, annonce sa retraite

Radio-Canada a annoncé lundi que son directeur de l'information, Michel Cormier, allait prendre sa retraite le 31 juillet prochain.

Un texte d'Isabelle Maltais

M. Cormier occupait le poste de directeur de l'information depuis 2012. Il avait auparavant dirigé la station de Radio-Canada à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Le vice-président des services français de Radio-Canada, Michel Bissonnette, a indiqué que le cabinet Boyden pilotera la recherche d'un successeur à Michel Cormier, conjointement avec un comité interne de Radio-Canada.

Au service du journalisme pendant 33 ans

Michel Cormier a débuté sa carrière à Radio-Canada à Moncton, d'où il est originaire, pour ensuite devenir reporter à Montréal, puis correspondant à Ottawa et chef de bureau de Radio-Canada à la colline parlementaire à Québec.

Il est ensuite nommé correspondant à l'étranger, et passera 11 ans à Moscou, Paris et Pékin.

« J’ai eu une carrière bénie des dieux », affirme le journaliste, qui considère que toutes les périodes de sa carrière ont été « vraiment épatantes ».

Il mentionne les « années fortes » qui ont marquée son passage à Ottawa et à Québec et qui lui ont permis de couvrir des moments marquants de la politique canadienne, comme le processus entourant l’accord du lac Meech, le référendum de 1995 et la création du Bloc québécois.

Il se rappelle également le caractère « exceptionnel » de ses années à l’étranger, tout particulièrement les moments sur le terrain passés lors de la guerre en Afghanistan contre les talibans.

« L’Afghanistan m’a changé comme journaliste. On arrivait avec rien, en hélicoptère, et on se débrouillait. Ça m’a permis aussi de voir l’humanité à son plus élémentaire. Je suis devenu moins cynique que je l’étais auparavant », dit-il.

Quant au travail de gestionnaire, qu’il qualifie de « lourdes responsabilités », il dit y avoir pris goût.

« On oriente la mission de l’information. Et je suis content de ce que je laisse derrière moi : d’avoir réussi à maintenir un journalisme de qualité en période de compression et d’avoir réussi la transition vers le numérique », dit-il.

Michel Cormier avoue toutefois que le terrain lui manquait, et qu'il ne prend pas sa retraite pour « aller s’asseoir dans un fauteuil ».

« J’ai l’intention de me remettre à l’écriture », dit celui qui a déjà publié cinq livres, deux biographies de premiers ministres du Nouveau-Brunswick et trois essais sur la politique étrangère.

Il espère également continuer à enseigner, lui qui donne actuellement un cours d’éthique journalistique à l’Université de Montréal, car il considère qu’« il est important de transmettre ses acquis de connaissance ».

Michel Cormier se dit en paix avec sa décision, qui a été mûrement réfléchie et motivée par des motifs autant personnels que professionnels.

« Pendant 35 ans, mon épouse a vécu avec un journaliste soumis aux aléas de l’actualité. Il est temps qu’elle connaisse autre chose. Et je ne quitte pas le journalisme. Je retourne au terrain », conclut-il.

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