Étonnante et spectaculaire victoire de Bernie Sanders, mardi soir, lors de la primaire dans l'État du Michigan où se trouve Détroit, l'ex-ville de l'automobile. Tous les sondages le plaçaient derrière Hillary Clinton par au moins 20 points.

  Un texte de Christian Latreille

D'ailleurs, mea culpa, j'ai passé la journée à rapporter sur les ondes de RDI une éventuelle victoire de l'ex-secrétaire d'État dans cet État industriel du Nord en m'appuyant sur ces mêmes sondages. Disséquer le coeur et la raison d'un électorat n'est visiblement pas encore une science.

Une percée chez les Noirs

Il s'est passé deux choses au Michigan, hier soir: tout d'abord, le message anti libre-échange que martèle Bernie Sanders depuis le début de sa campagne a trouvé un écho auprès des électeurs de la classe moyenne, touchés par les mises à pied massives.

Le secteur manufacturier, là-bas, a perdu des milliers d'emplois au cours des dernières années. Et plusieurs blâment l'entente de libre-échange avec le Canada et le Mexique, et la mondialisation en général, pour expliquer ces difficultés économiques.

Deuxièment, le sénateur du Vermont a connu sa meilleure soirée auprès des Afro-Américains depuis le début des primaires - 15% de la population du Michigan est noire. Il a été battu à plate couture dans presque tous les États noirs du sud des États-Unis, et hier encore, au Mississippi.

Mais au Michigan, Sanders a fait une percée significative, surtout auprès des jeunes. Il y a un an, il était inconnu des Afro-Américains même s'il s'est battu, et a été arrêté, en 1962, lors d'une manifestation contre la ségrégation à l'Université de Chicago. Son message commencerait-il à toucher les minorités?

Hillary rate la cible

Hillary Clinton croyait pourtant avoir marqué des points contre Sanders lors du dernier débat démocrate, dimanche. Elle lui a reproché d'avoir voté contre l'aide fédérale, en 2008, pour sauver l'industrie automobile au Michigan. Une attaque qui semble n'avoir eu aucun impact.

De plus, Sanders a voté pour ce plan de sauvetage. Il s'est plutôt opposé, en 2009, à un programme d'aide pour aider Wall Street et dont une part était destinée à GM et compagnie. Clinton a raté la cible.

Hillary Clinton souhaite terminer cette course rapidement. Elle ne cesse de répéter que le plus vite elle gagne, le plus vite elle pourra mettre ses énergies contre les républicains.

Mais Bernie Sanders est un comme la tortue dans la fable. Il avance tranquillement, mais sûrement. Il n'a pas l'intention d'abandonner même si son adversaire a amassé plus de délégués jusqu'à maintenant. La défaite de Clinton au Michigan inquiète ses organisateurs. Y aurait-il une fissure dans l'amure de l'ex-première dame?

Mardi 15 mars, journée cruciale

Les primaires à venir, mardi prochain, en Floride, en Illinois, en Ohio, au Missouri et en Caroline du Nord ne sont donc plus des victoires assurées pour Hillary Clinton, même si les sondages lui donnent une avance considérable dans tous ces États.

La force de Sanders est la constance de son message qui gagne du terrain tous les jours. De plus, il amasse de l'argent à la vitesse de l'éclair, plus rapidement encore que l'organisation Clinton. La grande question est de savoir si le lièvre réussira à ralentir la tortue.

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