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Milieu de travail : au moins 25 % des LGBTQ restent dans le placard

De nombreux LGBTQ (lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres et queers) n'osent toujours pas afficher leur orientation sexuelle au travail. Selon la Chambre de commerce LGBT du Québec (CCLGBT-Q), entre 25 % et 30 % de ces travailleurs restent dans le placard parce qu'ils craignent que cela puisse nuire à leur carrière professionnelle.

Un texte de Chu Anh Pham

« Pourtant, les employés sont beaucoup plus productifs quand l'environnement est inclusif. De plus, en étant plus ouvert sur la diversité, on améliore le taux de rétention, ce qui diminue les coûts pour les entreprises. Pour 26 % des travailleurs, on dit que le climat de travail est un facteur pour rester ou non », selon le président de la CCLGBT-Q, Steve Foster

Si les grandes entreprises disposent de moyens et de ressources pour mieux intégrer les LGBTQ, notamment avec des comités sur la diversité, beaucoup de travail reste à faire dans les petites et moyennes entreprises (PME).

« Souvent, il n'y a même pas de département de ressources humaines. Donc, il y a encore un travail d'inclusion à faire. »

La Banque TD est un partenaire de la Fierté Montréal, dont les activités se déroulent du 10 au 20 août. Quand Marc-Antoine Saumier, ouvertement gai, a su que son employeur allait ouvrir un point de service en plein coeur du Village gai de Montréal, il a sauté de joie. Il a franchi toutes les étapes nécessaires pour en devenir le directeur. La succursale a ouvert ses portes en août 2015, une semaine avant les festivités de la Fierté. La moitié des employés sont issus de la communauté LGBTQ.

La présidente à la direction du Québec, Banque TD, Sylvie Demers, renchérit : « On veut représenter les communautés que l'on sert, ressembler aux gens avec qui l'on fait affaire tous les jours et qu'ils se sentent en confiance et inclus. »

Pour faire avancer la cause des LGBTQ en milieu de travail, on parle souvent de l'importance des « alliés », c'est-à-dire des collègues qui ne sont pas issus de la communauté, mais qui militent quand même pour la cause. Ces alliés peuvent non seulement influencer les gens autour d'eux, mais le secteur d'activité dans lequel ils évoluent.

Plus inclusif, plus de clients

En étant plus inclusif, il est plus facile aussi d'attirer cette importante clientèle dotée d'un plus grand pouvoir d'achat que la moyenne. L'expertise et les bénéfices à l'interne peuvent être reproduits à l'externe.

« À travers le pays, on a 5000 employés pour faire avancer la cause de la diversité, y compris celle des LGBTQ. On a beaucoup de travail qui se fait à l'éducation, mais aussi à bien comprendre les sensibilités de chaque communauté et de pouvoir ensuite offrir ce genre de service à nos clients », soutient Sylvie Demers.

Selon une étude de la Chambre de commerce LGBT du Québec, les LGBTQ ont un revenu avant impôt 20 % plus élevé que la moyenne nationale, et dépensent 40 % de plus en voyage et 300 % de plus pour les événements culturels et sportifs.

L'étude remonte à 2010, mais les proportions restent encore les mêmes. En dollars actualisés pour 2016, les dépenses discrétionnaires de cette communauté s'élèveraient à 15 milliards de dollars.

Mais attention, ce sont des consommateurs avertis. Il ne suffit pas de brandir un drapeau aux couleurs de l'arc-en-ciel pour les attirer.

« C'est bien beau de dire que "je veux m'adresser aux LGBT Plus", mais si vous ne l'avez jamais fait, je vous suggère de faire quelques études de marché avant pour connaître leurs attentes et leurs besoins. Comme n'importe quel segment de marché, il faut bien le connaître avant de s'y adresser », conseille le professeur à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, Benoit Duguay.

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