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Minimum de 10 ans de prison pour Dennis Oland

L'homme d'affaires Dennis Oland, de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, passera au moins 10 ans en prison avant de pouvoir faire une demande de libération conditionnelle. 

Dennis Oland, 47 ans, père de trois enfants, a été reconnu coupable le 19 décembre 2015 du meurtre non prémédité de son père, l'homme d'affaires Richard Oland. Un verdict de culpabilité pour meurtre au second degré entraîne automatiquement une peine de prison à vie sans possibilité de libération avant au moins 10 ans, et 25 ans au plus. 

Les 12 membres du jury, au terme d'un procès d'une quarantaine de jours, ont recommandé que Dennis Oland puisse faire une demande de libération conditionnelle après la durée minimum d'emprisonnement, soit 10 ans de prison. La défense a fait la même recommandation. La Couronne recommandait pour sa part qu'il ne puisse faire cette demande avant 12 à 15 ans.

Le juge John Walsh a finalement suivi la recommandation du jury, lui qui n'avait pas à le faire. Le juge est revenu sur les événements de juillet 2011. Il a notamment expliqué sa décision par le fait que Dennis Oland est éduqué, qu'il a grandi dans une bonne famille et qu'il n'avait pas passé criminel. Selon lui, les circonstances du meurtre étaient hors de l'ordinaire. Il a de plus rappelé que l'accusé refuse de regretter son geste parce qu'il clame toujours son innocence. M. Oland avait renoncé à s'adresser à la cour, jeudi matin, avant le prononcé de la peine.

Dennis Oland a montré peu d'émotions en quittant la salle, après la décision du juge Walsh. Ses proches, pour leur part, semblaient dépassés par les événements.

Mais peu importe la peine qu'on allait lui imposer, les avocats de Dennis Oland ont déjà entamé des démarches pour porter le verdict de culpabilité en appel. Aucune date n'a encore été fixée pour l'audition de l'appel.

Dennis Oland et sa famille continuent de clamer son innocence. Sa famille soutient qu'il n'a rien à voir avec la mort de son père. L'homme d'affaires a été trouvé sans vie, dans une mare de sang, dans son bureau du centre-ville de Saint-Jean en 2011. Il est mort des suites de 40 coups qui lui ont été portés à la tête avec un marteau ou un instrument de ce genre. D'autres coups ont été infligés par une arme tranchante. Les armes du crime n'ont jamais été retrouvées.

La mère de Dennis Oland avait indiqué que la famille était en état de choc après ce verdict. Une enquête sur le cautionnement aura lieu vendredi à Fredericton, les avocats de M. Oland cherchant à obtenir la remise en liberté de leur client en attendant l'appel.

Les avocats de Dennis Oland contestent l'admissibilité de certaines preuves et croient que le juge a commis des erreurs en donnant ses instructions aux jurés. La défense demandera vendredi que Dennis Oland soit libéré en attendant la suite des procédures en appel.

Une foule au palais de justice

De nombreuses personnes se sont déplacées au palais de justice de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, pour assister à l'audience de détermination de la peine de Dennis Oland pour meurtre non prémédité.

Plusieurs membres de sa famille et des gens d'affaires se sont rendus sur place. Les gens étaient si nombreux qu'ils n'ont pu tous trouver une place dans la salle d'audience. Une quarantaine de personnes ont dû rester dans le couloir.

Par ailleurs, la cour du banc de la Reine a également reçu deux déclarations de la victime et trois lettres de personnes refusant de soumettre des déclarations de la victime. Le tribunal a également une liste de personnes qui ont refusé la possibilité de présenter une déclaration de la victime, mais le nombre de noms sur la liste n'a pas été déclaré en cour.

Cependant, Connie Oland, la veuve de la victime et la mère de Dennis Oland, et d'autres membres de la famille ont soutenu Dennis Oland depuis qu'il a été reconnu coupable. La famille maintient que l'accusé est innocent.

Les déclarations de la victime ont été présentées jeudi par John Ainsworth et Preston Chiasson. M. Ainsworth est propriétaire de l'immeuble où le corps de Richard Oland a été trouvé. M. Oland louait un espace de bureau dans l'immeuble en question. M. Chiasson a été l'un des premiers à avoir découvert le corps de Richard Oland.

De plus, 73 lettres de recommandation en appui à Dennis Oland ont été présentées en cour.

La recevabilité de 10 lettres a été contestée par la Couronne. Les avocats de la Couronne ont demandé que ces lettres soient retirées du dossier. Certaines lettres mentionnaient que la culpabilité de Dennis Oland représentait une « parodie de justice » et une « injustice ».

Le juge John Walsh a exprimé son mécontentement avec les termes utilisés dans certaines de ces lettres de recommandation.

« La seule opinion qui compte, c'est celle de ces femmes et ces hommes membres du jury », a déclaré M. Walsh.

« Je n'en dirai pas plus. Je ne suis pas heureux », a déclaré M. Walsh.

Avec des informations de Julie-Anne Lapointe

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