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Mixité en prison : Québec collabore avec un organisme d'aide aux détenues

Le ministre de la Sécurité publique du Québec, Martin Coiteux, reconnaît que la mixité à l'Établissement Leclerc n'est pas viable et il a signé une entente de partenariat avec la Société Elizabeth Fry, afin d'améliorer les conditions de détention des détenues de la prison lavalloise. Cet organisme communautaire vient en aide aux femmes qui font face à la justice pénale.

« La solution à plus long terme, quant à moi, ça ne passera pas par la mixité », concède le ministre Martin Coiteux. « Alors on va trouver une solution qui va nous permettre de sortir de la mixité à long terme, ce qui ne veut pas dire que ce n'était pas une bonne idée d'aller à Leclerc. »

Le ministre Coiteux rappelle que l'établissement de détention Maison Tanguay pour femmes est vétuste et qu'il nécessite des travaux très importants, qui prendront du temps. Ses prisonnières ont été transférées à Leclerc en février dernier.

Au début juin, des associations ont fait état de « situations graves qui bafouent le droit des femmes ». Les détenus, dont des condamnés pour crimes violents, croiseraient régulièrement les détenues, dont la plupart purgent des peines légères. Ils tiendraient des propos « à caractère sexuel ou dégradants », alors que certaines détenues ont vécu de la violence physique ou sexuelle.

« [Avec] la mixité, on est vraiment soumises au regard des hommes tout le temps », témoigne Lyne, une détenue qui purge sa peine la fin de semaine.

Le ministre admet que « c'est vrai qu'il y a eu des difficultés au moment du transfert et dans les semaines qui ont suivi de Tanguay à Leclerc. » « Dès que des problèmes ont été portés à mon attention, on a agi immédiatement », fait-il valoir, en affirmant que d'énormes améliorations ont été apportées depuis, mais que beaucoup de travail reste encore à faire.

Le partenariat avec la Société Elizabeth Fry vient d'être signé. Le syndicat des agents de la paix en services correctionnels participe également aux discussions. « On collabore déjà avec le ministère depuis plusieurs semaines afin de trouver des solutions pour l'Établissement Leclerc », explique le président national du syndicat, Mathieu Lavoie. Les sujets chauds : l'accès aux programmes et services, la formation du personnel, la culture du milieu et la mixité.

« Je pense que c'est une excellente nouvelle, mais à quand un nouveau centre de détention pour femmes? », se demande Lyne. Rénover ou reconstruire ailleurs, le ministre analyse les meilleurs scénarios.

D'après un reportage de Karine Bastien

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