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Moins de pommes, et plus de travail, en raison d'un feu bactérien

Alors que la récolte de pommes commence, des pomiculteurs des Basses-Laurentides connaîtront un moins grand rendement. Une bactérie a profité de la chaleur et de l'humidité au moment de la floraison pour s'attaquer à une centaine de vergers, dont une quarantaine spécialement touchés par le feu bactérien.

Un texte de Anne-Louise Despatie

Une ordonnance du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) demande à tous les producteurs de la région d'enlever les branches contaminées avant le 1er novembre, pour éviter que la maladie ne se disperse davantage.

Dans certains vergers, il y a quatre fois moins de pommes parce que la bactérie a empêché le développement des fruits. Contre le feu bactérien, il n'y a qu'un traitement préventif qu'il faut appliquer au bon moment. Mais avec la chaleur précoce et la rosée, il était trop tard. « Quand le feu bactérien entre dans l'arbre au moment de la floraison, c'est comme une gangrène. Après la floraison, c'est une course contre la montre : on essaie d'enlever le plus de dommages possible, dans le plus grand nombre d'arbres », explique Francis Brabant, du Verger Bio d'Oka.

Pour les pomiculteurs affectés, il ne reste plus qu'à éliminer toutes les branches contaminées. C'est un surcroît de travail qui a entraîné une augmentation de 30 % de la masse salariale pour le producteur Marc Vincent.

L'Association des producteurs de pommes des Laurentides comprend l'importance d'intervenir dans l'ensemble de la région. Cependant, elle souhaite que les gouvernements donnent les moyens aux producteurs de faire leur part pour lutter contre cette maladie.

En pleine récolte, le travail en vue d'éliminer les foyers de contamination s'ajoute aux pertes de rendement qu'ont essuyées certains vergers. « Nous, on dit aux gouvernements : aidez-nous à faire ce travail de la même façon que les producteurs de la Nouvelle-Écosse ont été soutenus en 2014. Ils ont reçu 2,7 millions de dollars. On vit exactement la même chose qu'en Nouvelle-Écosse et nos sources nous disent que le ministre de l'Agriculture canadien attend l'appel de M. [Pierre] Paradis [le ministre québécois, NDLR]. On devrait être capable de le faire pour le Québec » conclut le président de l'Association des producteurs de pommes des Laurentides (UPA), Éric Rochon.

L'autocueillette a commencé au Verger Bio d'Oka qui a déployé de nombreux efforts et coupé des centaines de branches depuis le mois de juin. « Nos clients vont peut-être remarquer que le verger a été taillé drôlement et qu'il y a moins de pommes que d'habitude. Il y a des parcelles qui ont été coupées au complet et on ne reverra pas la même production avant 8 ou 10 ans », constate Francis Brabant.

Certaines variétés de pommes ont été plus touchées que d'autres, comme les Lobo, Cortland et Paulared. Mais les premiers cueilleurs, eux, trouvent que leurs pommes sont aussi bonnes qu'avant.

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