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Moisson Montréal fera payer ses partenaires pour les dons reçus

Moisson Montréal demandera dès octobre des frais aux quelque 250 organismes qu'elle dessert, dans le but de développer son offre de services dans la métropole. Cette décision survient après une consultation que l'organisme a menée auprès de ses partenaires, le printemps dernier.

Les frais varieront de 100 $ à 5000 $, selon la quantité de nourriture reçue. « Un organisme qui devra payer le montant maximal recevra pour environ un million de dollars en denrées », précise le directeur général de Moisson Montréal, Richard D. Daneau. Il espère ainsi engranger 200 000 $, ce qui représente un peu plus de 3 % du budget annuel de 5,5 millions de dollars.

Une nouvelle tarification tièdement reçue

« C'est sûr que personne n'est content », répond Chantal Comtois, directrice générale du Service de nutrition et d'action communautaire (SNAC), qui fournit près de 500 dépannages alimentaires chaque mois dans le quartier Ahuntsic. Son organisme devra verser 2000 $ par année à Moisson Montréal. « Ce n'est pas une année facile. Les dons diminuent et les besoins augmentent. Tous les organismes sont dans la même situation, alors nous allons faire notre effort aussi. »

Elle ne prévoit pas diminuer le nombre de paniers donnés, mais ils seront peut-être moins généreux. Son organisme espère toutefois recevoir en contrepartie un peu plus de denrées de Moisson Montréal. « Ce qu'ils nous ont dit, c'est que notre contribution va servir à faire plus de transports pour aller chercher des denrées dont on a besoin et que nous achetons actuellement, comme des œufs, explique Chantal Comtois. Donc, si je n'ai pas besoin de les acheter, ça va s'équivaloir. Du moins, on l'espère. »

Ces nouveaux frais ont toutefois convaincu le refuge pour femmes La Dauphinelle de mettre fin à son partenariat avec Moisson Montréal. « 1250 $, c'est trop », affirme sa directrice générale, Sabrina Lemeltier. L'organisme mettra fin à son service de dépannage alimentaire, qui était offert pendant un an aux femmes qui ont séjourné au refuge. Elles seront redirigées vers les banques alimentaires de leur quartier.

La Dauphinelle fait face à un déficit annuel de 300 000 $. « Est-ce qu'on doit augmenter nos tarifs?, se demande Sabrina Lemeltier. Notre conseil d'administration a dit non. Quand il y a un problème de sous-financement aussi généralisé pour les organismes, nous devons aller à la source et réclamer un financement adéquat, plutôt que de passer la facture aux démunis. »

Une grille flexible

Dans une lettre envoyée le 19 août à tous ses partenaires, Moisson Montréal offrait de négocier les frais à la baisse avec eux s'ils ne pouvaient les absorber. « Environ 10 à 15 % d'entre eux nous ont fait une telle demande », précise Richard D. Daneau. Cette proportion pourrait changer, puisqu'ils ont jusqu'au 9 septembre pour faire connaître leurs intentions. En date du 30 août, seul le refuge La Daupinelle a signifié son intention de mettre fin au partenariat qui l'unissait à Moisson Montréal.

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