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Montréal au premier rang pour les emplois high-tech au pays

Montréal est devenu un pôle important de l'intelligence artificielle et de la robotique. Selon le Brookfield Institute, c'est maintenant à Montréal que l'on trouve la plus forte concentration d'emplois (220 000) dans le secteur de la haute technologie au Canada. Visite guidée d'entreprises qui pourraient bien marquer l'avenir économique de la métropole.

Un texte de Vincent Maisonneuve

Sous un chaud soleil de septembre, un groupe de visiteurs sillonne les rues de la métropole. Ils viennent d’Asie et des États-Unis­. Ils ne sont pas en vacances; il s’agit plutôt de journalistes étrangers, spécialisés en robotique et en intelligence artificielle. S’ils sont de passage à Montréal, c’est pour découvrir ce que la métropole a à offrir sur le plan technologique.

Originaire de Boston, Tom Green dirige aujourd’hui l’Asian Robotic Review. Il se dit estomaqué par ce qui se passe au Canada.

Premier arrêt, Mecademic. En à peine un an, la PME réussit à s’imposer parmi les géants de la robotique. Son petit bras robotisé se transporte dans une valise plus petite qu’un bagage de cabine. « C'est exactement le même type de robot que l'on voit sur les chaînes de montage d'automobiles dans les usines automatisées », explique le cofondateur de l’entreprise Ilian Bonev.

« La grosse différence, c'est vraiment la dimension. » Tous les systèmes de contrôle du robot ont été miniaturisés. Il suffit de le brancher à un ordinateur pour le faire fonctionner. Contrairement au robot traditionnel, l’opérateur n’a besoin que de quelques heures pour apprendre à maîtriser l’appareil.

« Tous les autres robots, il faut lire une centaine de pages, avoir une formation d'une semaine. » Les bras robotisés de Mecademic sont entièrement conçus et fabriqués dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie. La PME en a déjà vendu plus d’une centaine à des clients aux États-Unis, en Europe et en Australie.

« C’est parfois des gros fabricants de téléphones intelligents, des fabricants d'ordinateurs ou de pièces électroniques, souligne Ilian Bonev. Il y a, en Suisse, des clients qui l’utilisent pour faire des horloges qui coûtent très cher. »

Deuxième arrêt, Element AI, l’étoile montante dans le domaine de l’intelligence artificielle sur la scène internationale. Philippe Beaudoin a choisi de quitter Google pour cofonder la compagnie avec, entre autres, le professeur Yoshua Bengio de l’Université de Montréal, qui est considéré comme une sommité mondiale dans le domaine de l’apprentissage profond.

Element AI bénéficie de la présence à Montréal du plus important laboratoire de recherche en apprentissage profond au monde. Selon Montréal International, l’Université McGill et l’Université de Montréal comptent quelque 250 chercheurs dans le domaine et 9000 étudiants sont inscrits à un programme universitaire spécialisé en intelligence artificielle et en traitements des données.

« Element AI est très bien connecté avec ce laboratoire, dit M. Beaudoin. On est en mesure de prendre les avancées les plus récentes et d'en faire bénéficier les entreprises rapidement. » Au départ, Element AI, c’était huit personnes. Moins d’un an plus tard, l’entreprise compte plus de 150 employés et les investisseurs se bousculent pour y injecter des capitaux.

Dernier arrêt, le Centech. L’avenir dans le domaine de la haute technologie, on le retrouve en partie ici. C’est l’incubateur d’entreprises mis sur pied par l’École de technologie supérieure. « Dans notre programme que l'on appelle propulsion, il y a actuellement 27 petites entreprises. Leur valorisation atteint déjà 75 millions de dollars », explique le directeur du Centech, Richard Chénier.

Par exemple, l’équipe de FZ Engineering a fait écarquiller bien des yeux au dernier salon du Bourget. Ils ont trouvé une solution unique pour améliorer la finition des pièces fabriquées par impression 3D.

« On a créé un procédé qui vient lisser les surfaces », explique le PDG de l’entreprise, Frédéric Poulin, qui estime que le marché pour ce type de technologie devrait s’élever à plus ou moins 8 milliards de dollars d’ici 2020. « On a très peu de compétiteurs, c’est donc une bonne chose pour nous. »

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