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Montréal étudiera le phénomène d'exploitation sexuelle durant la F1

À trois semaines du Grand Prix, le maire de Montréal, Denis Coderre, annonce avoir fait appel au Conseil des Montréalaises pour étudier le phénomène de l'exploitation sexuelle des femmes lors de l'événement. Le groupe de travail, présidé par Cathy Wong, aura un mandat de trois ans. Il devra fournir des recommandations à la Ville par la suite.

Un texte de Julie Marceau

« Notre premier rôle en sera un de concertation avec les groupes communautaires et les groupes de femmes. Le mandat de trois ans nous laissera suffisamment de temps pour récolter des données, rencontrer celles qui vivent ces réalités-là et réfléchir au rôle qu’une ville peut jouer [par rapport au phénomène de l’exploitation sexuelle] », ajoute Cathy Wong.

La demande du maire a été faite lundi et « acceptée à l’unanimité par le Conseil des Montréalaises », affirme sa présidente.

Le Grand Prix de formule 1 de Montréal se tiendra du 9 au 11 juin sur le Circuit Gilles-Villeneuve. Sa tenue l’été dernier avait suscité une polémique en raison des divergences des groupes de femmes sur la question de l’exploitation sexuelle.

Certains organismes décrient une augmentation de l’exploitation sexuelle durant les événements sportifs alors que d’autres, comme Stella, soutiennent que les études n’appuient pas cette affirmation.

L'organisme Stella demeure sur ses gardes

« Je vais donner la chance au Conseil des Montréalaises, mais [chez Stella] nous restons très critiques face aux décisions du maire et à son refus de parler directement avec nous », soutient la directrice de Stella, Sandra Wesley.

L’organisme estime que les travailleuses du sexe ne risquent pas plus d’être victimes d’abus sexuel durant ces événements, mais qu’elles sont davantage victimes de profilage et de répression policière, particulièrement les travailleuses d’origine asiatique.

« C’est très troublant pour elles de penser qu’elles vont aller retrouver un client, mais de tomber sur un policier et de se faire demander leurs papiers », explique Sandra Wesley.

La directrice de Stella affirme que les femmes asiatiques qui travaillent dans des salons de massage sont particulièrement ciblées.

« Nous, on voit beaucoup de travailleuses du sexe immigrantes, autant des étudiantes que des femmes sans statut (…) celles qui ne sont pas citoyennes canadiennes sont les plus à risque, car elles sont déportées [expulsées du pays] ».

Un « trop Grand Prix pour les femmes »

La Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES), une coalition d'organismes et de personnes critiques de l'industrie du sexe, qui a dénoncé la semaine dernière la tenue de l’événement en lançant sa campagne d’affichage sous le thème « Un trop Grand Prix pour les femmes », salue la démarche du maire de Montréal.

Il s’agit d’une bonne nouvelle pour les femmes victimes de traite à des fins de prostitution, estime l’organisme. « Les femmes qui fréquentent la CLES, qu’elles soient encore dans l’industrie, qu’elles tentent de la quitter ou qu’elles en soient sorties nous le disent depuis des années : le recrutement de jeunes femmes s’intensifie toujours à quelques semaines de cet événement », souligne l’organisme dans un communiqué.

La CLES tient d’ailleurs un rassemblement annuel visant à exprimer sa « colère devant l’inaction de la Ville de Montréal face à ce tourisme sexuel bien documenté ».

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