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Montréal lance un ultimatum aux propriétaires de pitbulls sans permis

La Ville de Montréal a commencé à envoyer des lettres aux propriétaires de pitbulls qui ne se sont pas conformés au nouveau règlement municipal sur les animaux de compagnie.

Ils sont 520 à ne pas avoir soumis leur demande de permis.

Parmi eux, il y a Mélanie Richer, une résidente de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve qui possède une chienne âgée de 2 ans, Molly, un mélange de pitbull et de boxer.

Mme Richer a reçu une lettre de la Ville mercredi. On lui reproche de ne pas avoir fourni tous les documents requis en vue de l'obtention d'un permis spécial pour garder son chien, malgré le nouveau règlement interdisant l'acquisition de pitbulls à Montréal.

La Ville lui donne quatre semaines pour s'en séparer, sans quoi Mme Richer fera l'objet d'une poursuite et son animal sera saisi.

Mélanie Richer lance un appel à la clémence de la Ville, parce que son dossier est presque complet.

« Je demande à la Ville d'être sévère avec ceux qui n'ont aucun papier, mais de garder les bons chiens qui n'ont aucun dossier; que ceux qui ont des preuves, qui ont déjà entamé des démarches, qu'on a les preuves papiers, d'être compréhensive », réclame Mélanie Richer en faisant valoir l'importance de son chien, Molly, non seulement pour elle, mais aussi pour ses trois enfants.

L'organisme Protection Pitbulls est scandalisé.

Sa cofondatrice, Mégane Bigot de La Touanne, affirme que plusieurs propriétaires de chiens ont eu des problèmes avec Accès Montréal. « On a eu des histoires comme quoi des personnes ont eu leur dossier qui a été perdu ou qu'un document n'a jamais été reçu par la Ville, alors qu'ils l'ont envoyé », illustre-t-elle.

La Ville, de son côté, campe sur sa position et n'entend pas prolonger le délai afin que les propriétaires puissent remplir les critères du règlement animalier.

« Les exigences du règlement ont été communiquées préalablement aux propriétaires des chiens pitbulls et ne sont pas une surprise pour personne. La Ville a fait de nombreuses actions de communication auprès des citoyens pour faire connaître le règlement et les exigences particulières. Avant l'envoi de la plus récente lettre datée du 21 août 2017, les représentants de la Ville ont fait des rappels et ont communiqué avec les personnes concernées, soit par l'envoi d'une lettre, d'un courriel ou d'un appel téléphonique. D'ailleurs, à la suite de ces contacts, au moins une centaine de personnes ont régularisé la situation avant la date butoir du 1er juin », écrit la Ville.

À risque d'abandon

La SPCA s'attend à de nombreux abandons si Montréal donne suite à ces menaces.

Le Berger Blanc confirme de son côté qu’il maintiendra sa politique d’adoption. « Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir afin de replacer ces chiens dans de nouvelles familles à l’extérieur de Montréal ainsi que dans des refuges ailleurs au Canada », indique l'organisme.

Pour protester contre cet ultimatum, des manifestants sont attendus vendredi soir devant l'hôtel de ville.

Avec les informations de Jérôme Labbé, Pascal Robidas, Fanny Samson

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