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Montréal veut plus de résidents, de bureaux et de commerces au centre-ville en 2030

L'administration Coderre souhaite que le centre-ville de Montréal compte plus de résidents, d'espaces de bureaux et de commerces d'ici 15 ans. C'est ce qui ressort de la stratégie de développement du coeur de la métropole dévoilée mercredi par le maire Denis Coderre et le responsable de cette approche, Richard Bergeron.

« À terme, la stratégie aura renouvelé le centre-ville en incitant 50 000 nouveaux résidents, dont des familles avec des enfants, de jeunes adultes et des personnes âgées, à s'y installer, et leur offrira quelque 800 000 m2 d'espaces de travail et 200 000 m2 de commerces supplémentaires », a indiqué le maire Coderre.

La stratégie passera également par de grands chantiers, soit l'intégration du projet de réseau électrique métropolitaine (REM) à l'offre de transports collectifs, la reconversion de sites d'envergure en sites d'usages mixtes, et l'ouverture du centre-ville sur le fleuve et les berges entre le pont Jacques-Cartier et le futur pont Champlain.

« Comme l'ont fait notamment Barcelone, San Francisco, Toronto, Lyon, il est maintenant temps à Montréal de recycler et revaloriser de vastes zones en bordure du fleuve », a lancé le maire Coderre, en réitérant sa volonté que le gouvernement fédéral cède le Vieux-Port à la Ville. 

« Des interventions progressives sur un parcours de 20 km » sont anticipées à ce sujet. Elles devront se faire dans l'objectif de mieux intégrer le port au Vieux-Montréal, mais sans nuire aux activités portuaires, qui constituent un des principaux atouts économiques de la Ville, a précisé le maire.

M. Coderre a également souligné sa volonté de « conserver et réintégrer dans la vie montréalaise » plusieurs grands sites qui sont appelés à se trouver une nouvelle vocation, qu'il s'agisse d'hôpitaux, de la Maison de Radio-Canada, du terminus Voyageur ou d'autres immeubles municipaux.

L'idée est d'y développer des sites d'usages mixtes comprenant des résidences, mais aussi des commerces de proximité, des écoles, des garderies, voire des maisons de la culture, afin de créer d'authentiques milieux de vie.

Lorsqu'un nouveau projet verra le jour sur le site de l'Hôpital de Montréal pour enfants, a dit le maire en guise d'exemple, la Ville s'assurera que les permis de zonage seront donnés en fonction de cet objectif. Du logement social et abordable devra aussi être construit par endroits afin de ne pas « ghettoïser » des secteurs, a dit le maire.

Espaces de bureaux : l'équivalent d'une tour Manuvie par année, dit Bergeron

Selon Richard Bergeron, « l'objectif véritablement audacieux » de ce plan est celui qui prévoit la construction de 800 000 m2 de nouveaux espaces de bureaux, une hausse de 35 % par rapport aux 32 millions de pieds carrés actuels.

La cible de l'augmentation démographique réelle est en réalité de 30 000, a-t-il aussi précisé, puisque l'année de référence utilisée pour fixer cet objectif est 2011, année du dernier recensement. Or, depuis ce temps, 15 000 logements pouvant accueillir 20 000 résidents ont déjà été construits ou sont sur le point d'être complétés, a-t-il dit.

La Ville cherche donc à attirer 2000 nouveaux résidents au centre-ville par année, soit « deux fois moins que lors des années récentes » ou « 5 % de la croissance démographique que connaît bon an mal an la région métropolitaine ».

En ce qui concerne l'espace commercial, il s'agit simplement de l'augmenter à un rythme un peu plus soutenu en raison des nouveaux résidents qui viendront s'installer au centre-ville. En ce moment, il existe 27 pieds carrés d'espace commercial pour chaque résident de l'île.

« Si vous prenez 50 000 nouveaux résidents, multipliés par 40 pieds carrés, ça donne 2 millions de pieds carrés de nouveaux espaces commerciaux, et c'est tout à fait raisonnable », a-t-il fait valoir.

« Mais l'essentiel se situe ailleurs », a conclu l'ancien chef de Projet Montréal « Il s'agit, en cette ère de mondialisation d'une économie désormais centrée sur le savoir, la créativité et l'information, de confirmer le centre-ville comme fer de lance de l'économie du Québec tout entier. »

L'Office de consultation publique de Montréal organisera une consultation cet automne pour entendre les citoyens au sujet de cette nouvelle stratégie. Le plan d'action final de la Ville devrait ainsi être élaboré l'hiver prochain. 

Projet Montréal sceptique

L'opposition officielle souligne l'objectif louable de cette stratégie, mais croit que la Ville de Montréal n'offre pas ce qu'il faut pour l'atteindre. « Si on veut avoir des familles, on veut des places publiques, on veut des lieux où l'on peut se promener avec des poussettes et des enfants. Ce n'est pas en réaménageant de petits trottoirs de 70 centimètres [qu'on les attirera] », a expliqué la porte-parole de Projet Montréal, Valérie Plante. 

Projet Montréal critique par ailleurs le manque de vision en matière de développement du transport en commun, puisque rien n'est prévu pour désengorger le métro au centre-ville.

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