Retour

Mossoul : lorsque Russie, Iran et Syrie parlent d'une même voix

À Moscou, les ministres des Affaires étrangères russe, iranien et syrien ont exprimé leur inquiétude face aux combats qui se déroulent à Mossoul, en Irak. Ils redoutent que de nombreux membres du groupe armé État islamique quittent l'Irak pour venir se regrouper en Syrie, ce qui viendrait considérablement compliquer les choses.

Raymond Saint-Pierre

  Un texte de Raymond Saint-Pierre

Les trois ministres se disent inquiets de ce qui se passe à Mossoul. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, entend discuter et coopérer avec la coalition dirigée par les États-Unis pour éviter qu'une vague de combattants fuie l'Irak pour venir se regrouper en Syrie, mais le ministre syrien Walid Mouallem avait un ton moins diplomatique.

Il affirmait que cette coalition américaine n'avait jamais combattu le groupe armé État islamique, et qu'elle avait bel et bien l'intention de pousser ces combattants hors de l'Irak vers la Syrie.

De son côté, Sergueï Lavrov disait toujours croire en une solution négociée du conflit syrien. « Nous croyons tous que la seule solution à ce conflit sera diplomatique et politique », a-t-il dit.

Et tout le problème est là. Selon Alexeï Malachenko, politologue au centre Carnegie de Moscou, la Russie n'a pas l'intention de lâcher Bachar Al-Assad. « De toute force, il faut garder Bachar Al-Assad, parce que ça signifie la présence de Moscou non pas seulement en Syrie, mais aussi au Moyen-Orient. C'est le but principal, général et stratégique », explique-t-il.

Or, pendant ce temps, le conflit syrien perdure, alourdissant le bilan humain. Le président russe, Vladimir Poutine, s'est d'ailleurs fait demander s'il se souciait des victimes civiles, notamment dans la grande ville d'Alep.

« Oui, mais la question est : est-ce que nous laissons un nid de terroristes dans cette ville, ou est-ce que, en minimisant les victimes civiles, nous nettoyons ce nid de terroristes? », a-t-il répondu.

La Russie a envoyé un nouveau groupe de navires vers la Syrie, avec à sa tête le porte-avions Amiral Kuznetzov. Selon les autorités russes, ces navires ne vont toutefois pas viser Alep.

Pour Alexeï Malachenko, peu importe sa mission, cette flottille demeure aussi un symbole.

« Le but de tous ces navires, de leur présence en Méditerranée, c'est de montrer le drapeau et de montrer à tout le monde que Moscou est capable de faire n'importe quoi, n'importe où, et qu'il est prêt. »

La Russie continue de renforcer sa présence en Syrie et au Proche-Orient, et entend y jouer un rôle majeur. Ce n'est pas un hasard si la rencontre de ces trois ministres des Affaires étrangères a eu lieu à Moscou, la capitale russe.

Plus d'articles

Vidéo du jour


L’amour selon le zodiaque