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MTQ : la vérificatrice générale veut rencontrer les personnes clés

La vérificatrice générale du Québec a commenté pour la première fois, mercredi, l'enquête sur le ministère des Transports (MTQ) que lui a confiée le gouvernement Couillard. Guylaine Leclerc affirme qu'il est « certain » qu'elle rencontrera l'agente de renseignements Annie Trudel qui, de l'aveu même de l'ex-ministre des Transports Robert Poëti, « n'était pas bienvenue » au MTQ.

En conférence de presse, la vérificatrice générale a formulé ces propos à la suite du dépôt de son rapport annuel dans lequel elle critique notamment la politique d'achats de la Société des alcools du Québec (SAQ).

« Dans une vérification particulière comme celle-là, nous allons utiliser et avoir accès à toutes les informations qui sont nécessaires, incluant Mme Trudel », a déclaré Guylaine Leclerc qui compte aussi rencontrer Louise Boily, l'ancienne vérificatrice interne au ministère des Transports. « Dans quelle mesure leur apport sera important, ce sera à valider », a précisé la vérificatrice générale.

La semaine passée, lors de sa comparution devant la Commission de l'administration publique, Guylaine Leclerc avait fait savoir qu'elle devancerait la vérification prévue au MTQ. Par la suite, le premier ministre Couillard avait déclaré à l'Assemblée nationale que la vérificatrice générale « viendrait étudier les processus administratifs » dans ce ministère.

Guylaine Leclerc affirme être en train de monter une équipe et d'établir les échéanciers dans le but de faire « très rapidement » l'état de la situation au MTQ. La vérificatrice générale envisage de produire un rapport d'étape, « parce qu'il y a peut-être des choses plus urgentes à formuler que d'autres », dit-elle. Ce rapport d'étape pourrait être déposé en février et le rapport final pourrait suivre au printemps 2017.

Rappelons qu'Annie Trudel avait eu pour mandat de conseiller Robert Poëti pour assurer l'intégrité du ministère, de ses employés et de ses processus, de même que pour s'assurer de la conformité des attributions de contrats. Mme Trudel a démissionné en avril dernier, dénonçant dans sa lettre de démission le manque de collaboration de la part du nouveau cabinet après le départ de Robert Poëti en janvier.

Rappel des événements

Le MTQ a été plongé dans la tourmente la semaine dernière à la suite des révélations du magazine L'Actualité, selon lesquelles des contrats de gré à gré auraient été accordés à d'anciens employés et des vérificateurs internes auraient fait l'objet d'intimidation.

L'ex-ministre Poëti s'inquiétait de la gestion administrative de son ministère; il a néanmoins été remplacé par Jacques Daoust lors du remaniement ministériel de janvier.

Mardi, pourtant, les deux hommes accompagnaient le président du Conseil du Trésor, Carlos Leitao, pour annoncer l'enquête de la vérificatrice générale sur le MTQ.

M. Leitao a spécifié que l'enquête de Mme Leclerc commencera « par la fameuse clé USB transmise » par Mme Trudel au MTQ avant de démissionner.

« Après ça [...], elle [la vérificatrice générale] a toute la latitude pour faire ce qu'elle juge pertinent », a ajouté M. Leitao.

Jusqu'à maintenant, les révélations de L'Actualité ont entraîné les départs de Dominique Savoie, sous-ministre, et de Pierre Ouellet, chef de cabinet de Jacques Daoust.

Un mandat qui ouvrira des portes

En conférence de presse, Guylaine Leclerc a confirmé l'étendue de ses pouvoirs : « On a toute la latitude », a-t-elle dit, précisant toutefois que le fait d'avoir reçu l'ordre d'enquêter de la part du gouvernement simplifiera la tâche. 

Guylaine Leclerc affirme avoir reçu l'appel du sous-ministre du MTQ, qui l'a assurée de son « entière collaboration ».

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