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Mulcair et Trudeau mènent une campagne de peur, selon les conservateurs

Le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral du Canada mènent une « campagne de peur auprès des nouveaux Canadiens », affirment deux candidats et ministres conservateurs, qui ont présenté leur parti en champion de la sécurité, lundi.

Un texte de Gaétan Pouliot

« Les conservateurs pensent que si vous renoncez violemment à votre citoyenneté en commettant un acte de terrorisme ou de trahison violent - ou si vous déclarez la guerre contre le Canada -, vous faites bien comprendre que vous ne voulez plus votre citoyenneté », a dit Jason Kenney, faisant la promotion de la nouvelle loi C-24.

Entrée en vigueur en mai, cette loi permet de retirer la citoyenneté canadienne aux individus qui ont une double citoyenneté et qui sont reconnus coupables de terrorisme.

Thomas Mulcair et Justin Trudeau y sont fermement opposés. Ils ont tous deux promis, s'ils sont élus, d'abolir cette loi qui crée - selon eux - deux classes de citoyens. « Aucun élu ne devrait jamais avoir le pouvoir exclusif de révoquer la citoyenneté canadienne », a déclaré le chef libéral vendredi dernier.

Le candidat conservateur Jason Kenney estime que cette position est « épouvantable » et que ses opposants veulent faire peur aux immigrants.

Un Canadien perd sa citoyenneté

Samedi, le gouvernement conservateur a utilisé pour la première fois son nouveau pouvoir de révoquer la citoyenneté d'un Canadien. Il s'agit de Zakaria Amara, chef du groupe terroriste Toronto 18, démantelé il y a 9 ans.

Condamné en 2010, Zakaria Amara purge une peine de prison à vie au Québec, sans possibilité de libération conditionnelle avant 2016. Le ressortissant jordanien pourrait être déporté dans son pays d'origine à la fin de son incarcération. Il peut contester la décision.

Thomas Mulcair et Justin Trudeau sont « déconnectés » des Canadiens, a ajouté pour sa part Steven Blaney. « La vaste majorité de la population appuie les mesures que nous mettons en place, qui s'appuient sur nos valeurs canadiennes. » Les chefs néo-démocrate et libéral mènent une « campagne de peur et de division », a estimé M. Blaney.

Les deux candidats conservateurs se sont livrés à cette attaque en règle contre leurs adversaires lors d'un point de presse à Lévis, à quelques heures du débat Munk sur la politique étrangère canadienne.

Ils en ont aussi profité pour marteler de nouveau leur position sur la lutte contre le groupe armé État islamique et leur opposition au port du voile intégral (niqab) lors du serment de citoyenneté.

Deux autres sujets qui démontrent que les néo-démocrates et les libéraux sont déconnectés de la population, estiment-ils.

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