Retour

Mulcair et Trudeau participeront au débat Munk

La dernière proposition mise de l'avant par les organisateurs du débat Munk, prévu dans deux semaines, a convaincu le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral du Canada d'y participer. Les formations avaient toutes deux réclamé que le français y tienne une place aussi importante que l'anglais.

Jusqu'à mardi matin, la participation du NPD et du PLC au seul débat de la campagne consacré aux affaires étrangères et au rôle du Canada dans le monde restait incertaine.

Le président des Munk Debates, Rudyard Griffiths, le modérateur de cette joute oratoire qui doit se dérouler à Toronto le 28 septembre, a indiqué que la proposition soumise lundi aux partis permettra aux participants de « parler dans l'une ou l'autre des langues officielles quand ils le veulent et pour aussi longtemps qu'ils le souhaitent ».

Les organisateurs doivent offrir une traduction simultanée des échanges.

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, a confirmé sa présence au cours d'un point de presse en matinée. La parité entre le français et l'anglais « reposera sur les épaules des participants », a-t-il reconnu. « Je peux vous dire que je m'assurerai que ce sera bilingue, que la portion française sera là » dans la moitié de ses interventions, a-t-il promis.

Il s'est dit satisfait de la nouvelle formule retenue, soulignant qu'il devait au départ s'agir d'un débat uniquement en anglais.

Le PLC a pour sa part indiqué par voie de communiqué que son chef, Justin Trudeau, y participerait, en dépit de « certaines réserves quant à la nature du format en ce qui a trait aux langues officielles ». « Des ajustements ont été faits et nous sommes satisfaits des démarches entreprises par le débat Munk pour répondre à nos importantes préoccupations », ajoute cependant le parti.

« N'oubliez pas qu'il s'agit de notre seule occasion de débattre de choses comme les changements climatiques, la crise des réfugiés syriens et d'autres grands sujets de l'heure à l'international », a lui aussi souligné Thomas Mulcair.

Les conservateurs ont déjà confirmé la présence de leur chef, Stephen Harper, il y a plusieurs semaines.

La formule mise de l'avant est une « proposition finale », avait averti M. Griffiths, puisque l'événement approche à grands pas. Les partis avaient jusqu'à midi pour rendre leur décision.

Encore un débat sur le débat

La semaine dernière, le PLC avait menacé de se retirer du débat s'il n'était pas complètement bilingue, tout comme le NPD.

Rudyard Griffiths dit croire que la nouvelle proposition répond « à l'exigence d'un débat bilingue ». « Nous ne sommes pas la Commission des langues officielles », s'est-il justifié. Nous sommes Munk Debates ».

Il ajoute que l'organisation, qui tient chaque année des débats sur la politique étrangère, n'a « en aucun moment accepté d'organiser un débat totalement bilingue ».

« L'approche du débat en ce qui concerne l'utilisation du français et de l'anglais est identique à celle de la Chambre des communes », a-t-il souligné.

Il avait précédemment indiqué que le débat inclurait des « composantes bilingues » et qu'environ le cinquième des échanges serait en français.

Le NPD et le PLC avaient par ailleurs dit craindre que l'animateur pourrait ne pas modérer efficacement ce débat, puisqu'il n'est pas parfaitement bilingue.

Cela n'a pas d'importance, réplique Rudyard Griffiths, puisque les échanges seront tous traduits.

Thomas Mulcair a cependant dit espérer que la modération serait bilingue.

Le NPD avait précédemment réclamé le même nombre de débats en français et en anglais. Jusqu'ici, un seul débat, en anglais, a eu lieu, organisé par le magazine Maclean's en tout début de campagne, le 6 août dernier. La chef du Parti vert, Elizabeth May, y participait aux côtés des chefs des trois principaux partis fédéraux.

Le quotidien The Globe and Mail tiendra ce jeudi le deuxième débat dans la langue de Shakespeare, sur le thème de l'économie.

Le premier débat en français, organisé par un groupe de diffuseurs, dont Radio-Canada, se tiendra ensuite le 24 septembre. Ce sera le premier auquel participera le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.

Ce dernier participera également à celui du 2 octobre, sur les ondes de TVA.

Les discussions sur l'utilisation du français au cours du débat Munk n'étaient pas le premier « débat autour du débat », puisque le Parti conservateur avait précédemment refusé de participer à deux débats électoraux organisés par le Consortium des radiodiffuseurs. Thomas Mulcair, qui avait dans un premier temps accepté d'y participer, avait alors lié sa présence à celle du premier ministre sortant.

Plus d'articles

Commentaires