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Mulcair soupçonné d'être à la fois austère et dépensier

Le chef néo-démocrate, Thomas Mulcair, se trouve sous les feux croisés de ses adversaires après avoir promis d'équilibrer le budget fédéral dès l'an prochain, alors que l'incertitude règne sur les marchés boursiers. Justin Trudeau soutient que cela entraînera les Canadiens dans « l'austérité », tandis que Stephen Harper prédit une « avalanche d'augmentation de taxes et d'impôts ».

C'est le chef libéral qui a attaqué le premier, mercredi matin, au terme d'une conférence de presse tenue à Newmarket, en Ontario, pour annoncer un nouveau crédit d'impôt.

Répétant qu'un gouvernement libéral allait aussi équilibrer le budget, en précisant que « ce ne sera pas immédiat », Justin Trudeau a dénoncé l'attitude « irresponsable », voire « malhonnête » de M. Mulcair.

« M. Mulcair parle depuis des mois de la hausse du taux d'imposition des entreprises et de l'annulation du fractionnement du revenu comme des moyens permettant de payer les promesses de plusieurs milliards de dollars qu'il fait. Maintenant, il dit que ces choses vont permettre de balancer le budget », a-t-il lancé.

« Couper dans l'économie à un moment où on est en récession est une très mauvaise idée, et M. Mulcair est irresponsable de le promettre, a ajouté le chef libéral, avant de rappeler ses propres engagements. Ce dont les Canadiens ont besoin, c'est de l'investissement, pas de l'austérité. De la croissance, pas des coupures. »

« On en a marre des politiciens qui promettent de faire des choses pendant une campagne électorale et après ça, ils disent : "Ah non, on ne pourra pas, les chiffres sont pires que ce qu'on pensait." Nous, moi, je vais dire la vérité », a dit Justin Trudeau.

De son côté, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a estimé que le « vieux fond libéral » de Thomas Mulcair refaisait surface avec sa promesse d'équilibrer le budget « coûte que coûte ». En entrevue à La Presse Canadienne, M. Duceppe a comparé l'« austérité » de M. Mulcair à celle du gouvernement actuel de Philippe Couillard au Québec.

Le NPD va « écraser notre économie », dit Harper

Le chef conservateur Stephen Harper s'en est aussi pris à Thomas Mulcair lors d'un point de presse tenu à Lancaster, dans le sud-est ontarien. Il a cependant pris soin d'écorcher Justin Trudeau au passage.

« M. Trudeau a réalisé que le budget ne s'équilibre pas tout seul; il a décidé de laisser tomber », a-t-il ironisé.

« C'est pour cette raison que les Canadiens veulent notre plan, des investissements abordables. Nous vivrons selon nos moyens. On [assurera] un budget équilibré, et des taxes et des impôts plus bas. C'est la politique économique la plus stable », a-t-il conclu.

Mulcair ne bronche pas face aux attaques

De passage à London, Thomas Mulcair, dont le parti est donné en avance dans tous les sondages, a accueilli ces critiques avec un haussement d'épaules.

Sur une note plus sérieuse, il a ensuite ajouté que son parti allait bientôt déposer un cadre budgétaire « où chaque coût et chaque dépense seront expliqués ».

M. Mulcair a également réitéré ce qu'il avait dit mardi à ce sujet, à savoir que gouverner signifiait faire des choix, et que les siens seraient différents des conservateurs de Stephen Harper.

Andrew Thomson, que M. Mulcair a présenté comme le ministre des Finances d'un futur gouvernement néo-démocrate, a cependant déclaré peu après sur les ondes de CBC que des compressions étaient « inévitables ».

M. Trudeau a saisi l'occasion pour soutenir que le NPD allait adopter des mesures d'austérité lors d'un rassemblement politique tenu mardi soir, à Brampton.

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