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Muskrat Falls : des « progrès importants » après un marathon de négociations

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Dwight Ball, a annoncé tard mardi soir que des « progrès importants » avaient été faits au terme d'une rencontre de 10 heures avec des chefs autochtones pour discuter du barrage hydroélectrique de Muskrat Falls, sur le cours inférieur du fleuve Churchill.

Le premier ministre Ball avait promis avant la tenue de la rencontre que Nalcor Energy, la société de la Couronne responsable du projet, ne procéderait pas à l'inondation en amont du barrage.

Son gouvernement s'engage à « résoudre les enjeux clés » reliés à cette inondation, a-t-il assuré après son entretien avec les leaders autochtones.

L'inondation pourra se faire « à un niveau minimal acceptable » si elle s'appuie sur une « évaluation indépendante », peut-on lire dans un communiqué publié après la rencontre.

Un comité d'experts indépendants, dans lequel seront représentés les groupes autochtones et tous les ordres de gouvernement concernés, sera d'ailleurs mis sur pied pour encadrer le projet, a précisé le premier ministre Ball.

Les opposants au projet soutiennent que le réservoir de 41 kilomètres carrés créé par la construction du barrage finira par être contaminé par du méthylmercure, un composé organique neurotoxique produit par la décomposition des végétaux dans des eaux stagnantes.

Le chef de la communauté de bande de NunatuKavut, Todd Russell, a bon espoir que la proposition sur laquelle se sont entendus Dwight Ball et les leaders autochtones empêchera la contamination des sols dans les communautés touchées.

Sous haute sécurité

La sécurité a été accrue à l'Assemblée législative de Terre-Neuve-et-Labrador, où avait lieu cette rencontre. Des agents de sécurité avaient verrouillé les portes principales de l'édifice alors que des manifestants s'attroupaient.

Ils étaient déjà une quarantaine mardi matin.

Sur une banderole, on pouvait lire : « N'empoisonnez pas le Labrador! »

Quelque 2000 Inuits et allochtones vivent en aval du barrage, sur le lac Melville. La semaine dernière, Nalcor a accepté de retirer davantage de couverts forestiers là où le réservoir sera créé, mais les opposants soutiennent qu'il faudrait aussi racler le sol.

Un des manifestants, Angus Andersen, du village de Nain, au Labrador, estime que l'objectif de la rencontre de mardi était grandement miné par l'injonction obtenue du tribunal par Nalcor, qui prévoit l'arrestation de la vingtaine d'opposants au projet qui se trouvent encore sur le chantier.

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