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Natashquan, 20 ans après le prolongement de la route 138

Le 7 décembre 1996, le ministre des Transports Jacques Brassard, le député Denis Perron et Gilles Vigneault coupaient le ruban du prolongement de la route 138. Natashquan était maintenant reliée au reste du monde. Mais la route a-t-elle répondu aux attentes des résidents?

Tous les espoirs étaient permis avec l’ouverture de la route.

On avait hâte. On s'imaginait avec la route qu'on passerait notre temps à aller se promener. On attendait tout ça avec beaucoup d'impatience.

Magella Landry, président de la Corporation de développement touristique de Natashquan

René Lévesque et Pierre Elliott Trudeau ont promis tour à tour la construction du tronçon manquant qui permettrait aux résidents d’Aguanish, de Baie-Johan-Beetz, de Natashquan et de la communauté innue de Natashquan de se déplacer vers l’ouest de la Côte-Nord.

Les travaux ont finalement duré 11 ans et coûté 150 millions de dollars, soit 3 fois plus que prévu.

Natashquan, avant et après

Auparavant, la vie à Natashquan était rythmée par les va-et-vient des avions et du bateau.

Le Nordik Express, qui assurait la desserte jusqu’en Basse-Côte-Nord, était un lieu de rencontres chaque semaine.

C’était la fête, c’était soit des amis ou des inconnus qui devenaient des amis. C’était vraiment la relation avec l’extérieur.

Jean-Claude Landry, capitaine de bateau

André Carbonneau a dirigé durant 43 ans l’aéroport de Natashquan. Il en a vécu des tempêtes de neige qui forçaient les passagers à dormir dans l’aérogare.

« Il n’y avait plus de place à l’hôtel et nulle part pour les passagers. Ils restaient avec nous. On faisait du café et on jouait aux cartes », raconte-t-il avec un brin d’humour.

Les vents ont changé depuis l’ouverture de la route. Avant, une vingtaine d’avions atterrissaient par jour à Natashquan, maintenant il n’y en a plus que deux.

L’approvisionnement au Marché Natashquan se fait maintenant par camion, exception faite de la crème glacée et des croustilles, qui arrivent par bateau. Le coût du transport routier s’élève à 40 000 $ par année puisque les distributeurs ne se rendent pas plus loin que Havre-Saint-Pierre.

Après 20 ans d’ouverture de la route, le moyen le plus économique actuellement, c’est toujours le bateau.

Richard Beaudry, propriétaire, Marché Natashquan

Le tourisme, un levier de développement économique

Le président de la Corporation de développement touristique de Natashquan, Magella Landry, a lancé une campagne de financement pour restaurer le site patrimonial de Gilles Vigneault, faute de subvention gouvernementale.

Il souhaite attirer plus de touristes… qui se font toujours attendre à Natashquan. Avant la route, il y avait 3000 visiteurs, maintenant il y en a environ 5000.

« On n’a pas assez d’argent pour amener plus de monde que ça. Il faut inciter à faire venir ce monde-là. Il faut faire de la publicité », déplore Magella Landry.

La route a permis aux gens de se déplacer plus facilement pour voir la famille à l’extérieur ou aller à l’hôpital, à Havre-Saint-Pierre, mais elle leur a laissé un goût amer.

Il y a toujours la distance. Quand bien même ça serait le plus beau pays, peut-être si on avait de la chaleur et des palmiers, on aurait plus de chances. Mais il reste qu’on est toujours loin.

Léonard Landry, résident de Natashquan

Vingt ans après la construction de la route, les défis restent nombreux pour les descendants des Madelinots venus s'installer à Natashquan qui tentent toujours de trouver des solutions pour développer leur coin de pays.

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