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Naufrage du Titanic : une nouvelle théorie avancée

Le choc avec un iceberg ne serait peut-être pas l'unique responsable de la tragédie du Titanic. Un journaliste irlandais affirme, après avoir découvert des documents d'époque, qu'un incendie dans les semaines précédant son voyage inaugural aurait grandement fragilisé sa coque. Nouveau regard.

Un texte d'Alain Labelle

Depuis le naufrage du paquebot dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, de nombreux experts ont tenté de comprendre les circonstances ayant mené à sa perte et à la mort de 1500 personnes.

Ce bateau n’était pas seulement considéré comme le plus luxueux et le plus grand jamais construit à l’époque, mais il était aussi décrit comme insubmersible grâce à sa coque pourvue de seize compartiments étanches qui devaient le protéger en cas d'avaries importantes.

Or, si personne ne doute que le navire ait frappé un iceberg à grande vitesse au large des côtes de Terre-Neuve, le chercheur Senan Molony affirme que la structure du bateau, en particulier sa coque, a été grandement affaiblie par un important feu de charbon survenu à bord quelques semaines avant son voyage inaugural de Southampton, au Royaume-Uni, à New York, aux États-Unis.

Des photos qui en disent long

Le journaliste base sa théorie sur la découverte et l’analyse de rares photos relatant la construction du navire qui dormaient depuis 100 ans dans un grenier. Ces photos avaient été prises par l’ingénieur en chef du projet à la Harland and Wolff, la compagnie qui a construit le bateau à Belfast, en Irlande.

Ces clichés montrent de longues marques noires d’environ 10 mètres à l’avant et à droite au niveau de la coque du navire, c’est-à-dire à proximité de l’endroit où s’est produite la collision avec l’iceberg. Selon des ingénieurs de l’Imperial College London consultés par M. Molony, ces marques auraient été causées par un incendie majeur dans un réservoir de carburant.

C’était une tempête parfaite. La combinaison de plusieurs facteurs comme le feu, la glace et la négligence criminelle. Le paquebot n’aurait jamais dû être mis à la mer.

Senan Molony

Dans un documentaire intitulé Titanic : The New Evidence, M. Molony affirme que l’incendie avait fait les manchettes à l’époque, mais que son importance avait été grandement diminuée. Le personnel du Titanic avait reçu des instructions de ne pas mentionner l’événement aux 2500 passagers.

En fait, selon Senan Molony, des travailleurs ont mentionné la survenue de l’incendie à plusieurs reprises pendant l’enquête officielle, mais il n’a pas été inscrit dans les causes de la catastrophe. Le feu aura donc été largement minimisé avant le départ et après la tragédie, note M. Molony.

L’ingénieur naval Richard de Kerbrech, qui a écrit deux livres sur le Titanic, affirme que l’incendie aurait certainement endommagé la cloison du navire, un mur d’acier situé dans la coque, le rendant plus vulnérable à un choc avec un iceberg.

M. Molony pense que les propriétaires du navire étaient conscients du danger, mais qu’ils ont décidé d'entreprendre le premier voyage pour des raisons financières.

Des réserves

L’ancien secrétaire de la Société britannique du Titanic, David Hill, qui étudie les causes de l’accident depuis les années 1950, affirme que les dommages à la coque causés par le feu ont pu accélérer le naufrage, mais qu’ils ne sont pas le facteur décisif ayant entraîné la perte du navire.

Selon lui, même sans le feu, le Titanic se serait retrouvé dans le fond de l’Atlantique.

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