Le Festival de Cannes dévoilera jeudi les films et les vedettes attendus sur la Croisette en mai. Mais on sait d'ores et déjà que les productions de Netflix ne feront pas partie de la plus grande manifestation mondiale du septième art.

Le directeur des contenus de Netflix, Ted Sarandos, a annoncé que la plateforme numérique retirait ses films du Festival.

Cannes a récemment exclu de sa prestigieuse compétition tous les films n'ayant pas été distribués en salle en France. Les films de Netflix se voyaient ainsi privés de la course à la Palme d'or.

Cependant, les films de la plateforme de diffusion numérique pouvaient tout de même être projetés hors compétition à Cannes. Mais dans une entrevue accordée au magazine Variety et publiée mercredi, M. Sarandos a déclaré qu'il voulait que les œuvres de Netflix « soient traitées de manière équitable, comme les films de tout autre cinéaste ». L'homme d'affaires a ajouté qu'il ne voulait pas que les réalisateurs de Netflix soient « traités de manière irrespectueuse » à Cannes.

L'an dernier, deux films de Netflix avaient été présentés en compétition à Cannes, ce qui avait provoqué la colère de propriétaires de cinémas et de syndicats français.

Qui fera partie de la compétition officielle?

C'est en fin de matinée demain que le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, chargé de la sélection des films, et le président, Pierre Lescure, annonceront les films retenus en sélection officielle, dont la vingtaine de longs métrages en lice pour la Palme d'or, remise le 19 mai.

Le lauréat de l'an dernier était The Square, du Suédois Ruben Östlund.

Comme chaque année, la sélection devrait présenter un savant équilibre entre réalisateurs reconnus et nouveaux visages venus de France, des États-Unis et d'ailleurs dans le monde.

Un candidat est déjà connu : l'Iranien Asghar Farhadi (Une séparation), qui projettera le 8 mai, en ouverture et en compétition, son thriller psychologique en espagnol Everybody Knows, avec Javier Bardem et Penélope Cruz.

Parmi les cinéastes européens, on retrouvera notamment l'Italien Paolo Sorrentino pour son film biographique sur Silvio Berlusconi Loro, le Hongrois Laszlo Nemes pour Sunset, le Danois Lars Von Trier pour The House That Jack Built avec Uma Thurman, le Britannique Terry Gilliam pour son film maudit L'homme qui tua Don Quichotte avec Adam Driver, son compatriote Steve McQueen (Esclave pendant douze ans) pour Widows, et le Franco-Suisse Jean-Luc Godard pour Livre d'image.

Ce dernier cinéaste est déjà en quelque sorte présent sur l'affiche officielle du festival dévoilée mercredi, qui reprend l'image d'un baiser entre Jean-Paul Belmondo et Anna Karina, issue du film Pierrot le fou, réalisé par Godard en 1965.

Du côté de la France, le western en anglais de Jacques Audiard, Les frères Sisters avec Joaquin Phoenix, pourrait être présenté si le cinéaste ne préfère pas un festival d'automne, plus proche des Oscars.

D'autres noms circulent, dont ceux d'Olivier Assayas (E-Book avec Juliette Binoche et Guillaume Canet), Stéphane Brizé (Un autre monde avec Vincent Lindon), Pierre Schoeller (Un peuple et son roi), Claire Denis (High Life avec Robert Pattinson et Juliette Binoche), Philippe Faucon (Amin) et Christophe Honoré (Plaire, aimer et courir vite).

Terrence Malick (Radegund) et Damien Chazelle (First Man avec Ryan Gosling) pourraient être dans la course chez les Américains. La Japonaise Naomi Kawase (Vision avec Juliette Binoche) et le Chinois Jia Zhangke (Ash is Purest White) sont pressentis chez les Asiatiques, et l'Argentin Pablo Trapero (La Quietud avec Bérénice Bejo) chez les Latino-Américains.

Hors compétition, la projection du prochain film dérivé de la saga Star Wars, consacré à Han Solo, s'annonce déjà un événement.

Le Festival, qui n'a décerné la Palme d'or qu’à une seule femme (soit Jane Campion, en 1993, pour La leçon de piano), devrait aussi être marqué cette année par la question de la place des femmes après le séisme Weinstein. Il s'est d'ailleurs choisi une présidente du jury engagée à l'égard de cette question, l'actrice australienne Cate Blanchett.

Après les festivités ayant marqué son 70e anniversaire l'an dernier, le Festival apporte également des retouches à son organisation.

Les égoportraits seront interdits sur le tapis rouge, tandis que la presse découvrira désormais les films au moment de leur première mondiale en soirée, et non plus en amont. Le but est de « redonner toute leur attractivité et tout leur éclat aux soirées de gala », selon Thierry Frémaux.

Cette réforme a suscité l'inquiétude des critiques quant à la qualité de la couverture, mais est soutenue par les producteurs français de l'Union des producteurs de cinéma (UPC), et « souhaitée », selon eux, par « les équipes des films », qui veulent de « véritables premières mondiales ».

Elle devrait notamment permettre d'éviter des montées des marches douloureuses après des critiques négatives, comme ces dernières années pour les réalisateurs américains Sean Penn (The Last Face) et Gus Van Sant (Nos souvenirs).

Enfin, le Festival a pensé aux plus jeunes avec, pour la première fois, un laissez-passer de trois jours destiné aux passionnés de cinéma de 18 à 28 ans, sélectionnés à partir de la lettre de motivation qu'ils doivent soumettre.

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