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Neuf Palestiniens tués lors d'affrontements à la frontière entre Gaza et Israël

De nouveaux affrontements entre manifestants palestiniens et soldats israéliens ont fait neuf morts et plus de 500 blessés vendredi près de la barrière de sécurité séparant la bande de Gaza et Israël, a indiqué le ministère de la Santé à Gaza. Les protestataires réclamaient le retour des réfugiés et la fin du blocus de Gaza par Israël.

Un adolescent de 16 ans compte parmi les manifestants tués par des tirs de soldats israéliens. Le ministère de la Santé précise que les blessés ont été hospitalisés après avoir été atteints par balle ou incommodés par les gaz lacrymogènes.

Le syndicat des journalistes palestiniens avait fait état d’au moins six journalistes parmi les blessés par balles. L'un d'entre eux a succombé à ses blessures.

L’armée israélienne, qui n'a pour l'heure pas réagi à cette information, indique qu’environ 20 000 Palestiniens se sont rassemblés près de la frontière, notamment à l'est des villes de Khan Younès et de Gaza.

Certains ont pris part à des heurts et ont « tenté d'endommager et de franchir la barrière de sécurité sous un écran de fumée créé par les pneus enflammés ».

À Gaza, le chef du mouvement Hamas, Yahya Sinouar, a salué les manifestations et condamné le blocus israélien en rappelant que les Palestiniens n’entendaient pas abandonner leurs objectifs, le « projet de libération » et leur « rêve de retour ».

Les autorités israéliennes avaient prévenu jeudi que les consignes de tir resteraient les mêmes, malgré les critiques de l'ONU et de l'Union européenne sur l'usage par Israël de balles réelles.

Washington s’oppose à une enquête indépendante

Les États-Unis ont bloqué comme ils l’avaient fait la semaine dernière une déclaration initiée par le Koweït aux Nations unies appelant à une enquête indépendante sur les affrontements israélo-palestiniens.

Plus tôt vendredi, Mansour al-Otaibi, l’ambassadeur du Koweït à l'ONU, avait déclaré que c’était « un sujet dont doit s'occuper le Conseil de sécurité ».

Au début des manifestations, le 30 mars, les violences ont coûté la vie à 19 Palestiniens et blessé quelque 1400 autres lors de la journée la plus sanglante depuis la guerre en 2014 entre Israël et le mouvement Hamas palestinien.

L'organisation non gouvernementale israélienne de gauche B'Tselem a appelé les soldats israéliens à ne pas tirer vers des Palestiniens non armés. « Soldat, les consignes de tir susceptibles de provoquer la mort de civils ne présentant pas de danger pour des vies humaines sont illégales », affirme-t-elle dans une publicité diffusée dans des médias, sous le titre « Désolé commandant, je ne tire pas ».

Si le mouvement « la marche du retour » se prolonge bel et bien pendant plusieurs semaines, il pourrait culminer avec le transfert prévu de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, prévu à la mi-mai.

Cette décision annoncée en décembre par le président Donald Trump et qui va coïncider avec le 70e anniversaire de la création d'Israël a ulcéré les Palestiniens, déjà éprouvés par des années de guerre, le blocus israélien de la bande de Gaza et la pauvreté.

Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville occupée et annexée par Israël, la capitale de l'État auquel ils aspirent. L'ONU ne reconnaît pas l'annexion de Jérusalem-Est par Israël.

La mi-mai sera aussi marquée par le début du jeûne musulman du ramadan et la commémoration de la « Nakba », la « catastrophe » en arabe, qu'a représentée pour les Palestiniens la proclamation de l'État d'Israël en 1948.

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