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Neutralité religieuse : pas d'exception montréalaise, dit Québec

Le maire Denis Coderre dénonce vivement la décision du gouvernement Couillard d'étendre aux municipalités et aux sociétés de transport le projet de loi sur la neutralité religieuse de l'État. Québec maintient cependant sa décision, précisant que les cas spécifiques seront réglés dans le cadre des balises prévues pour les accommodements.

Selon les amendements adoptés mardi en commission parlementaire, les employés de l'État devront travailler à visage découvert, y compris dans les villes, et les citoyens qui reçoivent un service de l'État devront aussi être à visage découvert pour faciliter les communications et permettre la vérification de l'identité ou pour des raisons de sécurité.

Le maire Denis Coderre exige que Québec respecte l'autonomie municipale et s'interroge sur l'impact de cette loi à Montréal.

« Nous sommes aptes à décider comment nos employés vont s’habiller. Je trouve aussi un peu particulier de parler de livraison de services. Ça veut dire que quand une personne avec un niqab entre dans un autobus avec ses enfants, on va lui dire : "tu n'entres pas dans l’autobus ou on ne te donne pas les services?" », a dit le maire.

Il s'étonne que Québec veuille imposer cette loi à Montréal, qui est sur le point de devenir une métropole. « On vient de signer l'entente "Réflexe Montréal" et tout projet de loi devra tenir compte de la réalité montréalaise », indique le maire de Montréal.

« Au complexe Guy-Favreau, est-ce qu’on va appliquer la loi provinciale? Non, parce que l’édifice est de juridiction fédérale », illustre Denis Coderre qui voit plusieurs niveau d'incohérence dans l'application de cette nouvelle loi.

Des balises pour les accommodements

Mais la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, précise que personne ne sera privé de services à cause de la loi, contrairement à ce que laisse entendre le maire Coderre. Elle a indiqué mercredi que tous les partis représentés à l'Assemblée nationale ont adopté ce point en commission parlementaire.

« Il y a un Québec, un citoyen. Alors, il est tout à fait normal que dans l’espace québécois, les services soient offerts et reçus à visage découvert. Les critères pour les balises d’accommodements pour des motifs religieux vont servir, pas seulement aux services publics, mais aussi aux municipalités », a précisé la ministre Vallée.

Le gouvernement prévoit créer des comités après l'adoption du projet de loi afin d'établir des balises pour les cas spécifiques, entre autres dans le secteur municipal. Il sera alors plus facile pour les citoyens de comprendre ce qui est autorisé ou de réclamer un accommodement.

Avec les informations de Benoît Chapdelaine

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