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Nourriture halal : un début de réglementation au Canada 

Dès lundi, la nourriture halal sera réglementée pour la première fois au Canada. Dorénavant, les producteurs qui affirment que leurs produits respectent les préceptes de l'islam devront indiquer le nom de l'organisation ou de la personne qui a certifié les aliments comme étant halal.

Un texte de Sara-Christine Gemson

Avant que l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) ne mette en place cette réglementation, un producteur pouvait indiquer que son produit était halal, sans qu'aucune vérification n'ait été effectuée.

C'est pour cette raison que Rizwan Hotelwala a fondé Dine Halal il y a quelques années. Le site web permet aux musulmans de la région de Toronto de trouver des restaurants qui servent de la nourriture halal.

Rizwan Hotelwala affirme que de nombreuses entreprises cherchent à profiter de la communauté musulmane, en prétendant que leurs produits sont halal quand ils ne le sont pas. Il note que le marché canadien est en pleine croissance et que les consommateurs sont prêts à payer plus pour des produits halal.

Il souligne que les musulmans pratiquants croient que de manger halal est un commandement, une série de préceptes qui définissent comment un animal doit être traité et abattu pour assurer sa pureté.

La communauté musulmane accueille donc très favorablement la décision de l'ACIA de réglementer l'industrie. L'agence répond d'ailleurs ainsi à la demande de plusieurs musulmans canadiens.

Iqbal Malek, propriétaire d'un supermarché halal à Toronto, affirme que ses clients posent beaucoup de questions sur l'origine des produits et lisent attentivement la liste des ingrédients.

Des mesures qui ne vont pas assez loin

Certains croient toutefois que l'ACIA ne va pas assez loin, puisqu'elle ne fait pas une liste des organisations qui peuvent offrir la certification halal.

« Avec la nouvelle réglementation, toutes sortes d'organisations vont être créées de nulle part et vont être prêtes à offrir une certification sans faire les vérifications en bonne et due forme », affirme Rizwan Hotelwala.

Haider Khattak, directeur du Conseil islamique de la nourriture et de la nutrition du Canada, un organisme de certification, comprend pourquoi le gouvernement ne veut pas s'avancer davantage sur la question. Il souligne que la communauté musulmane ne s'entend pas sur la définition d'un produit halal. Par exemple, certains croient que l'animal doit être abattu à la main, tandis que d'autres acceptent qu'il soit abattu par une machine.

Plusieurs s'entendent cependant pour dire qu'ils souhaitent que le gouvernement aille plus loin en mettant en place des mesures, comme des amendes, pour punir ceux qui mentent en disant que leur nourriture est halal.

Dans un courriel à Radio-Canada, l'ACIA dit qu'elle vérifiera si les producteurs agissent conformément aux nouvelles exigences durant ses activités d'inspection de l'étiquetage et prendra des mesures de vérification si elle détecte des cas de non-conformité.

L'agence affirme que les consommateurs pourront porter plainte à l'ACIA s'ils pensent qu'un produit ne répond pas aux exigences réglementaires.

Le directeur du Conseil Islamique de la nourriture et de la nutrition croit qu'en attendant des mesures plus strictes, le consommateur devra continuer à être vigilant et à s'informer sur l'organisme qui certifie le produit qu'il achète.

« Les consommateurs devront connaître l'origine de l'organisation, depuis combien d'années elle fait la certification et combien d'inspecteurs elle embauche », affirme Haider Khattak.

Ouverture sur le marché international

Certains producteurs musulmans estiment que cette nouvelle réglementation permettra aussi au Canada de s'ouvrir davantage au marché international.

Iqbal Malek, qui produit également des fromages halal, affirme que le Canada est à la traine derrière des pays comme les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et l'Australie en ce qui concerne la réglementation de la nourriture halal.

Il croit qu'avec une certification plus fiable, les producteurs canadiens pourront exporter leurs produits plus facilement et profiter d'un marché qui est estimé à plus de 1000 milliards de dollars.

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