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Nouvelle accusation de corruption contre l'ex-président brésilien Lula

Récemment condamné à plus de neuf ans de prison, l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva a été accusé de corruption et de blanchiment d'argent dans le cadre d'une nouvelle affaire, a annoncé mardi la magistrature brésilienne.

Il s’agit de la sixième inculpation pour corruption à viser l’icône de la gauche latino-américaine, qui a occupé le poste de président de 2003 à 2010.

Il est accusé, cette fois, d’avoir intercédé en faveur des entreprises du bâtiment OAS et Odebrecht afin qu’elles obtiennent des contrats avec la compagnie pétrolière d'État Petrobras. En échange, il aurait obtenu des avantages quant à la rénovation d’une ferme située à Atibaia, dans l’État de Sao Paulo.

Selon l’acte d’accusation du juge Sergio Moro, celui-là même qui a condamné Lula à neuf ans de prison le 13 juillet dernier, les largesses dont il aurait cette fois-ci bénéficié se chiffreraient à 1,02 million de reals brésiliens, soit un peu plus de 400 000 $CAN.

Lula, 71 ans, qui reste en liberté en attendant son jugement en appel, nie toutes les accusations et soutient être victime d'un complot visant à l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle de 2018.

« Cette condamnation n'apporte aucune satisfaction personnelle à ce juge. Au contraire, il est regrettable qu'un ancien président soit reconnu coupable au criminel », avait cependant écrit le juge Moro dans sa décision du 13 juillet.

Redorer son image

Les mesures sociales mises en place au tournant des années 2000 par Lula, surnommé le « président des pauvres », ont contribué à sortir environ 40 millions de Brésiliens de la pauvreté, ce qui lui vaut encore aujourd’hui une cote de popularité exceptionnelle.

Mais même si l'ex-leader syndical est en tête des sondages en vue de l'élection présidentielle, ces scandales de corruption l’obligent à redorer son image aux yeux des électeurs.

Avant de comparaître le 13 septembre prochain dans une autre des six affaires qui le visent, Lula entamera une tournée de trois semaines dans 28 villes du nord-est du Brésil, une région défavorisée où l’électorat est réceptif à ses politiques de gauche.

« La meilleure leçon que j'ai reçue sur le Brésil a été quand j'ai voyagé à travers le pays, a-t-il déclaré vendredi dernier. C'est pour cela que je vais recommencer à faire des caravanes. »

La « Caravane du Nordeste » tire son nom des « Caravanes de la Citoyenneté », qui avaient permis à Lula de sillonner 359 villes du pays entre 1993 et 1996 comme dirigeant syndical.

La tournée de 3000 km doit débuter le 17 août et sera diffusée en temps réel sur les médias sociaux.

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