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Nouvelle démission au sein de la commission d'enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées

La commissaire Marilyn Poitras de la Saskatchewan démissionne. Elle affirme qu'elle est incapable de faire son travail dans la structure actuelle de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA), qu'elle qualifie de « coloniale ». Il s'agit du sixième départ, dont cinq démissions, que connaît l'enquête.

Dans une lettre adressée au premier ministre, Marilyn Poitras a annoncé qu'elle quittait son poste de commissaire de l'Enquête nationale. Son départ sera effectif le 15 juillet.

Cette démission s'ajoute à celle de la directrice générale, Michèle Moreau, il y a deux semaines, et à celle de la directrice des opérations, Chantale Coury, survenue plus tôt en juin.

La commissaire Michelle Audette relativise la crise

Michelle Audette, qui reconnaît qu’il peut y avoir des problèmes, relativise la succession de démissions en disant qu’il est normal de critiquer la structure de l’enquête.

« C’est un contexte juridique fédéral, donc c’est normal que les gens s’imaginent que c’est colonialiste. Cependant, la même équipe, les mêmes commissaires depuis le mois de septembre jusqu’à aujourd’hui ont toujours assuré que les valeurs autochtones, qu’elles soient métisses, inuits ou Premières Nations, sont considérées et prises en compte », insiste la commissaire à l'ENFFADA.

Pour Carolyn Bennet, ministre fédérale des Affaires autochtones et du Nord, il est possible d’améliorer la situation par « une meilleure approche de communication ».

La ministre a rencontré lundi les quatre commissaires de l'ENFFADA pour discuter de la façon dont elles envisagent la suite des choses. Elle s'est dite très impressionnée par le plan de travail établi par les commissaires, et réitère sa pleine confiance en leur capacité à mener l'enquête à terme et à livrer leur premier rapport dans les temps, soit le 1er novembre prochain.

L'équipe de l'Enquête nationale a par ailleurs tenu à rassurer le public sur la poursuite de son mandat, se disant prête à aller de l'avant avec les visites des communautés en vue des audiences qui se tiendront à l'automne.

Les familles au coeur des préoccupations

La ministre ne s'est pas prononcée sur une éventuelle prolongation des délais de la commission, soulignant toutefois l'importance de rendre justice aux familles touchées.

« Beaucoup de familles m’appellent pour me dire "il faut que ça continue". Nous avons attendu 30 ans pour cela, il faut laisser l’enquête faire son travail », rapporte-t-elle.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, a également réagi à l'annonce de Mme Poitras. Dans un communiqué diffusé mardi, le chef exprime son regret face à la démission de la commissaire, dont il craint les répercussions pour les familles touchées par l'enquête.

« Nos premières pensées vont aux familles des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées, et comment cela les affecte dans leur chemin vers la guérison et la justice. Nous sommes très inquiets de cette démission parce que le travail de l'Enquête nationale est trop important et nous voulons la voir réussir pour les familles », écrit-il.

Le chef Bellegarde souligne également que l'APN a offert à plusieurs reprises à l'équipe de l'enquête nationale de les aider à entrer en contact avec les familles touchées. Il estime qu'une approche qui place les familles à l'avant-plan est « essentielle au succès de l'Enquête ».

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