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Nouvelle trêve au Yémen menacée par des combats

La trêve est entrée en vigueur à midi (4 h HE), mais des combats ont été signalés à Taëz, ainsi que des frappes aériennes de la coalition sur des villages à Sanaa, la capitale.

Samedi avant le début du cessez-le-feu, un militaire saoudien a été tué dans la province d'Assir par un tir de missile houthi, a rapporté le ministère de l'Intérieur à Ryad. Une zone agricole dans le sud du pays a également été bombardée par l'aviation saoudienne.

La coalition, menée par l'Arabie saoudite, lutte depuis mars 2015 contre les rebelles chiites houthis, soutenus par l’Iran. Cette trêve, la troisième cette année, est également une tentative du côté saoudien de mettre fin au conflit, qui a fait plus de 10 000 morts en 18 mois.

« La trêve sera prolongée si les Houthis la respectent, si leurs représentants s'associent à la CDC [Commission de désescalade et de coordination] et s'ils lèvent le siège de Taëz », écrit l’agence de presse saoudienne officielle, citant une lettre du président yéménite Abd-Rabbou Mansour Hadi au roi Salman d'Arabie saoudite.

Le camp rebelle refuse, quant à lui, de lever le siège.

« Le peuple yéménite exerçait son droit à l'autodéfense et quand l'Arabie saoudite cessera les combats, la guerre s'arrêtera », a martelé samedi un membre du bureau politique houthi, Mohamed Al-Boukhaiti.

La CDC est une instance militaire formée avec l'aval des Nations unies pour superviser les cessez-le-feu.

Taëz, troisième ville du pays, est presque entièrement encerclée par les Houthis et les partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, qui se sont ralliés à eux.

À l'issue d'entretiens avec les autorités omanaises, proches des Houthis, et des représentants des Émirats arabes unis, qui appartiennent à la coalition formée par Ryad, le secrétaire d'État américain John Kerry avait annoncé mardi la conclusion d'une trêve aussitôt récusée par le gouvernement yéménite.

Le président Hadi, que la coalition s'efforçait jusqu'ici de rétablir dans ses fonctions, avait déjà rejeté un plan de paix de l'ONU qui l’aurait écarté du pouvoir pour instaurer une administration plus consensuelle.

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