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NPD au Québec : de la vague orange au vague à l'âme

Quel sort le Québec, autrefois au coeur de la vague orange, réservera-t-il au NPD? Le parti arrive bientôt au point culminant de sa course à la direction, mais force est de constater qu'elle n'a pas soulevé les passions dans la province. Comment se porte la bannière orange sur le terrain? Petite visite hors des grands centres.

Un texte de Louis Blouin

Bien tranquille sur une plage du lac Saint-Jean, Christian Tremblay accepte de jaser politique. Comment se porte le NPD dans son coin de pays? « C'est une régression ». Pour lui, l'ère de Jack Layton semble bien loin.

Dans un garage d'Alma, la course à la direction du NPD est passée complètement inaperçue. Gilles Guertin ne savait pas que quatre candidats tentent de succéder à Thomas Mulcair. Est-il intéressé? « Pantoute. »

Une réaction qui confirme la tendance. Près de 70 % des Québécois interrogés par la firme Léger à la fin août n'étaient pas intéressés par la campagne à la chefferie du NPD. Depuis la dernière course en 2012, le nombre de membres est passé de 12 000 à moins de 5000.

Même en plein rassemblement militant du NPD dans le village de Saint-Gédéon, certains ne cachent pas leur désintérêt envers les aspirants chefs. « Je ne les connais pas. Je ne sais pas si les autres sont comme moi, mais non, je ne me sens pas appelée », confie Line Audet.

Elle s'est déplacée au lancement de la campagne du NPD pour l'élection partielle dans Lac-Saint-Jean. C'est davantage la candidate Gisèle Dallaire que le parti, qu'elle est venue encourager.

Mme Dallaire a talonné le conservateur Denis Lebel à la dernière élection et elle tente à nouveau sa chance. Cette fois, un autre obstacle se dresse sur son chemin.

La présence sur le terrain

Et ailleurs au Québec, qu'en est-il? L'animateur matinal de la station CIQI FM à Montmagny s'est senti « ignoré ». Michel Cloutier s'étonne que les candidats à la direction du NPD ne se soient pas arrêtés à son micro ces derniers mois, comme si le parti « n'avait plus de raison de faire des conférences de presse dans le coin, de solliciter des entrevues. »

À titre de comparaison, il a reçu Maxime Bernier et Chris Alexander lors de la course conservatrice.

Défait en 2015, l'ancien député néo-démocrate de la circonscription, François Lapointe, a aussi l'impression d'être laissé pour compte. Il déplore la faible présence des candidats sur le terrain et les problèmes d'organisation du parti.

Maintenant, François Lapointe hésite à se représenter pour le NPD. Tenté par l'aventure provinciale, il a travaillé comme consultant auprès de Jean-François Lisée pendant la campagne à la direction du Parti québécois.

Il n'est pas le seul dont la foi néo-démocrate vacille. « Selon moi, c'était une erreur que Tom Mulcair parte. Tout simplement. », affirme Serge Bisson, ancien bénévole de campagne. Il a encore sa carte de membre, mais pour combien de temps?

Son message à ceux qui aspirent à diriger le NPD est sans détour. « Charmez-nous! Les Canadiens ont été charmés par Justin Trudeau. Faites mieux, parce que Justin va refaire la même chose. »

Il reste deux ans au futur chef du NPD pour le faire.

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