Barack Obama est arrivé dimanche à Cuba pour une visite de trois jours, une première pour un président américain depuis 1928. Son avion, Air Force One, a atterri à l'aéroport international José Marti de La Havane, un événement impensable il n'y a pas longtemps encore.

Avec la collaboration de Martin MovillaTwitterCourriel

M. Obama et sa famille ont été accueillis sur le tarmac par le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez. Ils sont ensuite montés à bord d'une limousine à l'avant de laquelle flottaient de petits drapeaux américains et cubains.

Le président s'est d'abord arrêté dans un hôtel havanais, où il a discuté avec les employés de l'ambassade américaine et leurs familles, soulignant au passage la nature extraordinaire de son séjour en sol cubain.

Les membres de la famille présidentielle américaine ont ensuite entrepris de visiter à pied le quartier historique de La Havane. Ils ont marché prudemment sur les pavés mouillés de la place où s'élève la cathédrale de La Havane, sous le regard d'une centaine de personnes qui applaudissaient et scandaient le nom de M. Obama.

La visite est historique, et les Cubains se sont préparés pour qu'elle devienne aussi un moment inoubliable pour la famille présidentielle américaine. Durant les dernières semaines, les travailleurs de la construction ont « pris d'assaut » les principales rues de La Havane pour les embellir, les réparer, les peindre et les remplir de plantes et de palmiers. Tous les endroits que Barack Obama visitera ont changé de visage ces derniers jours. Le stade Latinoamericano, par exemple, est plus beau que jamais et les Cubains en sont fiers.

Josefina, une dame de 65 ans qui habite face au stade, est contente de voir la nouvelle couleur des bâtiments qui entourent le stade et affirme qu'il est toujours important de montrer la meilleure image du pays. « C'est comme si tu organises une fête à la maison. Tu vas bien embellir le salon et la table à manger pour accueillir tes invités », dit-elle.

L'opposition mobilisée

Mais l'opposition s'est aussi organisée pour montrer ce qu'elle appelle « le côté sombre » de l'administration cubaine.

À partir de midi, dimanche, les leaders des mouvements d'opposition et des dissidents sont descendus dans les rues de la capitale cubaine pour parler avec les journalistes qui sont venus couvrir la visite.

Les policiers cubains, épaulés par plusieurs centaines de manifestants favorables au régime, ont dispersé une marche des « Dames en blanc » - las Damas de Blanco. Une cinquantaine de leurs membres ont été interpellées.

Plus tôt dans la journée, les manifestantes étaient allées à la messe et avaient dénoncé « les actions du gouvernement contre les dissidents », évoquant les prisonniers politiques arrêtés par le régime.

Bertha Soler, l'une des leaders du mouvement, résume bien le sentiment des opposants. « Ce n'est pas un bon moment pour que le président Obama visite Cuba. Il avait dit qu'il ne viendrait pas au pays s'il n'y avait pas des progrès concrets dans le respect des droits de la personne. Or, il y a encore beaucoup de répression policière et les autorités font encore des rétentions illégales », déplore-t-elle.

Mme Soler, comme tous les autres opposants, voudrait que le discours de Barack Obama, mardi prochain avant son départ, parle des préoccupations des dissidents. « Nous ne savons pas ce qu'il va dire, mais nous voudrions qu'il exige des autorités cubaines la fin de la violence policière et une amnistie pour tous les prisonniers politiques. »

Barack Obama aura un emploi du temps très chargé durant son voyage. Lundi, il s'entretiendra avec son homologue Raul Castro, mais ne rencontrera pas son frère aîné, Fidel. Il verra aussi des dissidents mardi à l'ambassade des États-Unis, et s'adressera en direct aux Cubains par l'entremise des médias officiels.

Le dernier président des États-Unis en fonction à avoir mis les pieds à Cuba est Calvin Coolidge, en 1928, qui avait fait le voyage sur un navire de guerre.

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