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Obama annonce une riposte aux piratages russes

Le président américain Barack Obama promet d'exercer des représailles contre la Russie qu'il accuse d'avoir perturbé l'élection présidentielle américaine en piratant les systèmes informatiques. La Maison-Blanche a même accusé le président russe, Vladimir Poutine, d'être personnellement impliqué dans ce piratage.

Les États-Unis ne resteront pas les bras croisés, a prévenu le président Obama au cours d’une entrevue livrée à la radio NPR qui sera diffusée vendredi. Des extraits ont toutefois été rendus publics jeudi soir: « Il est clair que si un gouvernement étranger, quel qu'il soit, tente d'entacher l'intégrité de nos élections, alors nous devons agir », a plaidé M. Obama.

« Et nous le ferons, au moment et où nous le déciderons », a-t-il lâché, en soulignant que « certaines [de ces représailles] seront explicites et publiques [alors que] d'autres ne le seront peut-être pas ».

M. Poutine est tout à fait informé de ce que je pense de cela parce que j'en ai parlé directement avec lui peu de temps après.

Barack Obama

« Toute une série d'analyses sont encore en cours, au sein des différentes agences [de renseignement] », a précisé M. Obama à la station de radio. « Quand j'aurai le rapport final, alors nous serons en mesure d'avoir [...] une vraie idée des motivations qui étaient à l'oeuvre derrière tout cela. »

Le président Obama tiendra une conférence de presse à 14 h 15 avant de partir en vacances. Les cyberattaques, qui pourraient avoir eu une influence sur le scrutin s’est soldé par la victoire du républicain Donald Trump sur la démocrate Hillary Clinton, devraient occuper une large portion de son point de presseLa Russie réfute les allégations

« Il faut soit cesser d'en parler, soit apporter enfin des preuves. Sinon, tout ça est plus qu'indécent », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en marge du déplacement du président Poutine à Tokyo.

Selon un conseiller du Kremlin cité par l'agence Tass, Iouri Ouchakov, le président russe a donné à son homologue américain « une réponse très claire » sur le sujet en septembre, lors du sommet du G20. « Il y a eu une conversation en tête-à-tête et différents thèmes ont été abordés. Celui-ci a été évoqué. Nous avons donné une réponse très claire qui ne correspondait peut-être pas à ce qu'Obama essayait de nous expliquer », a-t-il dit.

La chaîne d'information NBC rapportait plus tôt que plusieurs dirigeants du renseignement américain croient « avec un degré élevé de certitude » que Vladimir Poutine s'est personnellement impliqué dans la campagne de cyberattaques menées contre les États-Unis.

Le piratage de courriels de la convention démocrate et de conseillers d'Hillary Clinton a provoqué des fuites tout au long de la campagne présidentielle et parfois dominé le débat politique. Les responsables américains pensent également que la Russie a piraté le Parti républicain et qu'elle s'est gardée d'utiliser les informations obtenues.

Tensions entre les présidents Obama et Trump

La querelle sur le rôle de la Russie dans les cyberattaques contre les États-Unis alimente les tensions entre la Maison-Blanche et l’équipe de transition du président désigné Donald Trump. La dispute menace même de faire voler en éclat la fragile trêve conclue au lendemain des élections afin de faciliter la passation des pouvoirs.

Si le président Obama a évité de mentionner le nom de Vladimir Poutine au cours de l’entrevue, l'un de ses proches conseillers, Ben Rhodes, l'a fait jeudi sur la chaîne MSNBC. « Je ne pense pas que des événements aux ramifications aussi importantes se produisent au sein du gouvernement russe sans que Vladimir Poutine ne soit au courant [...], en dernier ressort, Vladimir Poutine est responsable des actions du gouvernement russe », a avancé M. Rhodes.

Le président désigné, Donald Trump, a, quant à lui, insinué que les accusations de la Maison-Blanche contre la Russie étaient portées pour des raisons partisanes. « Si la Russie, ou toute autre entité faisait du piratage, pourquoi la Maison-Blanche a-t-elle attendu si longtemps pour agir ? Pourquoi ne se sont-ils plaints qu'après la défaite d'Hillary ? », a écrit M. Trump sur Twitter.

« C'était un mois avant l'élection, cela n'avait rien d'un secret », a pourtant martelé il y a quelques jours Barack Obama dans une interview, en rappelant que ses services avaient publiquement pointé du doigt Moscou le 7 octobre, soit un mois avant le scrutin du 8 novembre.

La conseillère du comité de transition de M. Trump, Kellyanne Conway, a également qualifié d’irresponsable les allégations voulant que son patron ait été au courant des interventions de la Russie dans la campagne présidentielle.

Le porte-parole de la Maison-Blanche Josh Earnest a, quant à lui, indiqué qu’il était évident que M. Trump connaissait les agissements de la Russie. Donald Trump a même encouragé Moscou à chercher des courriels de Mme Clinton au cours d’une conférence de presse, a poursuivi M. Earnest.

Le principal intéressé s’est défendu en affirmant qu’il blaguait.

« Je crois que personne à la Maison-Blanche ne trouve drôle le fait qu’une puissance étrangère soit engagée dans des manœuvres de déstabilisation de la démocratie américaine », a déclaré M. Earnest. « Ce n’est pas une blague. »

Donald Trump a répliqué aux attaques de la Maison-Blanche sur Twitter : « Est-ce que nous parlons de la même cyberattaque qui a révélé que les dirigeants de la DNC (Comité national démocratique) ont illégalement donné les questions du débat à Hillary? ».

Le millionnaire faisait ainsi référence à la controverse entourant les allégations selon lesquelles un dirigeant de l’organisme fédéral avait pisté Mme Clinton sur les questions d’un débat tenu sur le réseau CNN.

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