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Omar Khadr se dit « vraiment désolé » pour la souffrance qu'endure la famille Speer

L'ex-enfant-soldat a confié à CBC que les excuses qu'il a reçues du gouvernement canadien pour son internement dans la prison américaine de Guantanamo sont importantes pour lui en cette période de « réconciliation et de guérison ». Elles sont aussi importantes pour l'avenir qu'il compte bâtir au Canada.

Les propos d'Omar Khadr ont été recueillis par la journaliste de CBC Rosemary Barton, lors d'une entrevue exclusive avec Omar Khadr dans le cadre de l'émission Power & Politics.

Q: Pourquoi ces excuses du gouvernement canadien vous importent-elles?

Je n’ai jamais été en colère ou contrarié par ce qui s’est passé, mais il a été difficile pour moi de trouver des emplois ou d’aller à l’école avec la réputation que j’avais. Ça va me faire avancer un peu plus facilement désormais.

Q : Croyez-vous que cela amènera les gens à oublier ce que vous avez fait?R : Non. Pas oublier, mais peut-être que ça aidera les gens à comprendre qu’il y a plus de choses qui se sont passées que ce qu’ils croient, à voir au-delà, de façon à comprendre davantage ce qui s’est passé.

Q : Que dites-vous aux gens qui ne vous croient pas ou qui ne vous offrent pas de chance?R : Les gens me donnent une chance. Je n'ai pas eu de mauvaise expérience avec personne. Mais je comprends que certaines entreprises veillent sur leur réputation. Je ne peux pas m'attendre à ce que tout le monde m'offre tout si cela risque de les mettre en danger. C'est compréhensible, mais je pense qu'il sera plus facile pour eux avec ces excuses de m’embaucher ou d'envisager de me recruter.

Au sujet des 10,5 millions de dollars

Q : Qu'en est-il de l’importance somme d’argent qui doit vous être versée?R : Je ne peux pas en parler. Je ne peux rien dire du tout à ce propos d'une manière ou d'une autre. Ça fait partie de l'accord [avec le gouvernement] que je ne parle pas de ces choses.

Q : Que dites-vous aux gens qui disent que vous ne méritez pas cet argent?R : Nous ne savons rien de cet argent et je ne peux pas en parler de toute façon. Pour moi, ce n'est pas un moment de réjouissance, il s'agit d'un moment de réconciliation, de souvenir et de guérison.

Des regrets toujours présents

Q : Vous parlez de la famille Speer qui déclare que vous ne méritez pas cet argent et qu’il devrait plutôt leur être versé?R : J’ai dit que je suis vraiment désolé pour la peine qu’ils endurent et ce n’est pas mon intention. C’est un moment de réconciliation, pas d’oubli, mais de cheminement et de guérison.

Q : Vous divisez les Canadiens. Certaines personnes croient que vous étiez un enfant-soldat alors que d’autres croient que vous étiez un terroriste.R : Oui je le sais. Nous vivons au Canada. C’est un pays libre. Les gens sont entièrement libres de leurs opinions et de les exprimer.

Q :Que dites-vous aux gens à ce sujet?R : Écoutez, je ne suis pas là pour changer les opinions des gens. Je suis qui je suis. Tout ce que je demande, c'est qu’ils se fassent une opinion éclairée à propos de moi.

Sa famille

Q : Avez-vous des contacts avec votre famille?R : Oui, un peu.

Q : Estimez-vous qu'il est important de rester en contact avec eux?R : Bien sûr. Ils disent que vous choisissez vos amis, vous ne choisissez pas votre famille. Peut-être, est-ce ma responsabilité d'avoir une bonne influence sur eux. Parce que tout le monde s’inquiète qu’ils aient une mauvaise influence sur moi, mais peut-être que ma contribution, c'est avoir une influence positive sur eux.

Qui est-il aujourd'hui?

Q : Lorsque vous pensez à l'adolescent que vous étiez lorsque tout cela s'est passé, est-ce que vous étiez une personne différente?R : Lorsque vous grandissez dans un environnement où ces choses [le terrorisme et la violence] sont normales, vous les faites. Vous ne pensez pas à la moralité. Vous ne pensez pas aux droits et aux fautes. Tu fais tout ce que tout le monde fait autour de toi. Donc, je suis une personne différente aujourd’hui. J’étais influencé à cet âge par l’environnement dans lequel je me trouvais.

Q : Êtes-vous en colère lorsque vous repensez à ces années?R : Être en colère ne changera rien. Les années passent. Comme je l'ai dit, si la colère pouvait ramener les années perdues et les expériences, peut-être, mais cela ne ramène rien. À l'heure actuelle, j'essaie de me concentrer sur l'avenir. J'essaie de me concentrer sur les choses que je peux influencer et changer.

Ses perspectives d'avenir

Q : Qui êtes-vous maintenant? Quel genre de gars êtes-vous? Qu'aimez-vous faire?R : Je suis étudiant et j'espère étudier en soins infirmiers en septembre. J'ai toujours su que je voulais faire quelque chose dans le domaine médical. Je veux pouvoir interagir avec les gens. […] Je ne veux pas ressentir que je suis un fardeau et je ne veux pas dépendre des gens. Je veux pouvoir dire : « Je peux être quelqu'un seul ». Je peux m'épanouir.

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