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Onde de choc mondiale après la victoire du Brexit

Les principaux responsables européens déplorent la décision des électeurs britanniques de quitter l'Union européenne (UE), mais respectent leur choix. Ils se disent, par ailleurs, prêts à entamer rapidement des négociations pour permettre au Royaume-Uni de se retirer du grand ensemble économique.

« Par un processus libre et démocratique, le peuple britannique a exprimé sa volonté de quitter l'Union européenne », ont déclaré par voie de communiqué le président du Conseil européen, Donald Tusk, le président du Parlement européen, Martin Schulz, le président du Conseil de l'Union européenne, Mark Rutte, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Les leaders européens s'attendent maintenant à ce que le gouvernement britannique applique « dès que possible » la décision de ses citoyens, « aussi pénible que puisse être le processus ».

« Nous sommes prêts à ouvrir rapidement des négociations avec le Royaume-Uni sur les modalités et les conditions de sa sortie de l'Union européenne », ajoute le communiqué.

Un coup porté à l'Europe

« C'est avec regret que nous prenons acte de la décision de la majorité de la population britannique [...] C'est un coup porté à l'Europe, un coup porté au processus d'unification européenne », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel.

 « [La portée du Brexit pour le reste de l'Europe] va dépendre de manière cruciale de la manière dont nous, les 27 États de l'Union européenne, nous nous montrerons capables dans cette situation de ne pas tirer des conclusions rapides et simples du référendum en Grande-Bretagne, qui diviseraient encore plus l'Europe », a déclaré Mme Merkel.

M. Tusk a tenté de rassurer tout le monde en affirmant avoir été préparé à ce scénario négatif. « Aujourd'hui, au nom des 27 dirigeants [de l'UE], je peux dire que nous sommes déterminés à maintenir notre unité à 27 », a-t-il affirmé.

Jean-Claude Juncker a pour sa part clairement fait savoir qu'à son avis ce vote ne signifiait pas le début de la fin pour l'UE.

Pour un « sursaut » européen

« Le vote des Britanniques met gravement l'Europe à l'épreuve », a déclaré de son côté le président français, François Hollande, en évoquant la « perte de confiance des peuples dans le projet qu'elle porte ».

Le président français a lancé une mise en garde contre le danger des populismes, en annonçant des initiatives de son pays pour générer un « sursaut » européen.

Redoutant également l'effet d'entraînement du Brexit, la chancelière allemande enjoint aux 27 États de l'UE d'éviter les « conclusions rapides et simples du référendum en Grande-Bretagne, qui diviseraient encore plus l'Europe ».

« Nous sommes de plus en plus confrontés à des populations qui ont des doutes quant à la direction qu'a pris le processus d'unification européenne », a-t-elle ajouté, « nous devons nous assurer que les citoyennes et citoyens sentent combien l'UE participe à l'amélioration de leurs vies personnelles. »

Elle invite la classe politique européenne à la réflexion. Passant de la parole aux actes, elle a convié le président Hollande, le premier ministre italien Matteo Renzi et le président du Conseil européen Donald Tusk à une rencontre à Berlin, lundi.

L'avertissement de Tsipras

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, plaide également pour « un réveil » de l'Europe et un « changement de politique », au risque d'entrer dans « une voie dangereuse de régression pour nos peuples ».

« Le discours présomptueux des eurocrates enrage les peuples [...], nous avons besoin de changement des politiques et des mentalités pour dresser une barrière à l'euroscepticisme » et aux politiques nationalistes et d'extrême droite », a martelé M. Tsipras, qui a lui-même dû faire face aux velléités de certains de ses concitoyens de vouloir quitter l'Europe.

Cette victoire du Brexit doit être soit « le réveil du somnambule qui avance dans le vide, soit le début d'une voie dangereuse de régression pour nos peuples », a ajouté M. Tsipras, rappelant que « les politiques de rigueur extrême qui ont aggravé les inégalités » ou celles « de migrations à la carte » tout comme la fermeture de frontières ont contribué « à aggraver les inégalités et le fossé entre le nord et le sud de l'Europe ».

Le ministre des Affaires étrangères de la Pologne, Witold Waszczykowski, s'est aussi désolé de l'issue du scrutin. « C'est une mauvaise nouvelle pour l'Europe, pour la Pologne. C'est un grand dilemme pour les eurocrates. Nous voulons tous conserver l'UE, la question est de savoir sous quelle forme », a-t-il affirmé.

« Nous devons définir nos priorités et concevoir un nouvel avenir pour l'Europe », a fait savoir sur Twitter le premier ministre belge, Charles Michel.

« La décision des électeurs britanniques doit nous réveiller », a dit le ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni.

En Espagne, le président du gouvernement Mariano Rajoy, croit que l'UE doit être réformée, mais qu'elle survivra à la sortie du Royaume-Uni. « L'Espagne est prête à supporter tout choc économique consécutif au Brexit », a-t-il ajouté.

Le chancelier fédéral de l'Autriche, Christian Kern, a dit craindre des effets économiques à long terme.

En Slovaquie, le ministre des Finances, Peter Kazimír, a dit sur Twitter qu'il n'y a aucune raison de paniquer.

« Notre relation particulière » perdurera, assure Obama

Le président américain Barack Obama a assuré, lors d'un entretien téléphonique avec David Cameron, que la relation entre les États-Unis et la Grande-Bretagne ne subirait pas l'impact du Brexit.

« Alors que la relation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne va changer, il y a une chose qui ne sera pas modifiée, c'est la relation particulière qui existe entre nos deux nations », a-t-il confirmé.

Il a aussi exprimé sa confiance envers une sortie « sans heurts », tout en garantissant que l'Union européenne resterait elle aussi  un partenaire indispensable pour les États-Unis.

Barack Obama, tout comme le premier ministre du Canada, avait plutôt encouragé les Britanniques à demeurer dans l'UE.

Justin Trudeau a affirmé par voie de communiqué que le Canada allait continuer à tisser des liens avec les deux parties.

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