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Ontario : confusion sur la révision des exemptions environnementales

Il semble y avoir de la confusion au sujet de la révision possible des exemptions environnementales en Ontario. Jeudi, le ministre de l'Environnement et de l'Action en matière de changement climatique, Glen Murray, a déclaré qu'il réviserait les exemptions environnementales accordées à certaines entreprises ontariennes.

La veille, Radio-Canada avait dévoilé que neuf des plus importants pollueurs de l'Ontario n'auront pas à se soumettre aux nouvelles normes d'émissions atmosphériques de la province, en raison de ces autorisations. De telles exemptions leur permette d'émettre, dans certains cas, plus de trois fois le nombre de polluants autorisés par la loi.

Un texte de Lisa Marie Fleurent et d'Isaac Gauthier

Mais le porte-parole du ministre, David Mullock, a ensuite déclaré qu'il n'y a pas de révisions prévues des objectifs des cibles d'émissions pour les industries, ni des exemptions accordées par le ministère aux neuf installations d'entreprises.

Selon David Mullock, le ministre Murray se serait trompé en répondant aux questions en français.

Selon une vérification du registre environnemental de la province, seules deux entreprises ont un échéancier clairement défini pour réduire leurs émissions polluantes.

Scepticisme d'un expert environnemental

Le professeur de l'école de l'Environnement de l'Université Laurentienne, Charles Ramcharan, ne se montre pas impressionné par les explications du ministère.

« Les différentes industries savaient depuis 2005 la nature exacte des nouvelles normes de la législation. Elles savaient depuis 1980 que les limites existantes étaient trop élevées. Elles auraient déjà dû développer la technologie pour atteindre les objectifs », déplore le biologiste.

Les modifications apportées aux normes, qui entrent en vigueur le 1er juillet, semblent inutiles dans ce contexte, croit-il.

Le professeur à l'Université Laurentiennene ne comprend également pas pourquoi certaines entreprises peuvent avoir recours aux exemptions du ministère alors que d'autres, comme les incinérateurs, n'y ont pas accès. « Ce n'est pas conséquent. »

Clean AER

Les représentants de la minière brésilienne Vale, l'une des entreprises ayant une exemption, étaient eux aussi indisponibles pour une entrevue. Le producteur de nickel installé à Sudbury a toutefois indiqué par courriel que la finalisation du projet Clean AER, prévue pour 2018, permettra de réduire les émissions de nickel et de dioxyde de soufre de l'ordre de 40 % et 80 %, respectivement.

Mais même avec le nettoyeur construit au coût de 1 G$ , la minière émettra quatre fois plus de nickel et 18 fois plus de dioxyde de soufre que la limite provinciale.

Risque de santé 

Selon le gestionnaire pour l'environnement du Service de santé publique de Sudbury, Burgess Hawkins, il y a des risques pulmonaires associés à l'inhalation des polluants atmosphériques, notamment les particules fines en suspension. 

Il assure toutefois que Vale surveille la qualité de l'air plusieurs fois par jour à l'aide de 18 postes d'observation. « Le dioxyde de soufre ne comporte pas de risque pour la population », indique M. Hawkins. En ce qui concerne le nickel, « il y a un potentiel de risques pour la santé dans certaines zones de Sudbury, notamment à Copper Cliff et dans le West End. »

Pour sa part, la directrice des programmes de santé respiratoire à l'Association pulmonaire de l'Ontario, Carole Madeley, établit « qu'il y a un lien potentiel entre l'exposition au nickel et le cancer. »

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