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Opération Clemenza : abandon des procédures contre 11 accusés

Les poursuites contre les 11 derniers accusés de l'opération Clemenza, qui visait la mafia montréalaise, ont été retirées par un juge lundi.

La vaste opération menée par la GRC entre 2014 et 2016 avait mené à une trentaine d’arrestations.

Le procureur de la Couronne André Albert Morin a indiqué que le retrait des accusations a été demandé puisque la défense n'aurait pu obtenir des réponses à toutes les questions posées sur certains éléments de la poursuite. Dans le cadre d'un procès, les avocats des accusés ont en effet le droit de poser toutes les questions nécessaires afin d'assurer une défense pleine et entière à leurs clients. Selon Me Morin, les autorités ne pouvaient clarifier entièrement certains éléments, et les procédures ont donc été abandonnées.

Lors des premières arrestations, la GRC avait vanté les mérites d’une technique qui lui avait permis d’intercepter et d’analyser plus d’un million de messages privés, issus de téléphones BlackBerry, entre 2010 et 2012.

Questionné à savoir si les autorités cherchaient à protéger la confidentialité de cette nouvelle technologie, Me Morin a plutôt indiqué à Radio-Canada qu'un « ensemble de circonstances » avait mené à l'abandon des procédures judiciaires.

« La défense a posé différentes questions et nous avons fait une analyse de ces questions-là et nous ne pouvions pas remplir nos obligations constitutionnelles de divulgation, a résumé l'avocat. Donc, dans ce cas, nous avons décidé d'abandonner les procédures. »

Pour l'avocat criminaliste Walid Hijazi, il ne fait aucun doute que les autorités n'ont pas voulu divulguer les détails entourant cette nouvelle technologie.

« Vu le caractère très confidentiel de ces nouvelles technologies et vu le danger de peut-être compromettre des enquêtes en cours, la poursuite a ultimement estimé qu'il était préférable dans l'intérêt public de laisser tomber les accusations », a-t-il expliqué à Radio-Canada.

Selon Me Hijazi, ces technologies peuvent aussi être employées dans des opérations antiterroristes qu'une divulgation publique pourrait compromettre.

En liberté

En mars dernier, le ministère public fédéral a abandonné les poursuites contre 36 autres accusés.

Les 11 derniers accusés étaient déjà en liberté avec certaines conditions, qui sont maintenant abandonnées. Ils se retrouveront donc sur le territoire montréalais, une situation qui sera suivie de près par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

« De retourner des gens comme ça sur le terrain, c'est toujours problématique », a estimé le directeur adjoint du SPVM Didier Deramond.

L'ordre de priorité des enquêtes en cours pour les policiers montréalais sera certainement chamboulé par cette décision de la Couronne.

« Toutes sortes de décisions comme ça nous forcent à nous regarder et à faire une introspection quant à nos techniques, à nos façons de procéder, et à s'ajuster », a estimé M. Deramond quant à la possibilité que la question des techniques d'enquête ait mené à l'abandon des procédures.

L’opération Clemenza est l’une des plus grosses rafles contre la mafia réalisée par les autorités fédérales depuis la chute de la famille Rizzuto lors de l’opération Colisée en 2006.

Les accusés faisaient face à des accusations de trafic, d’importation et de production de stupéfiants en plus d’accusations en lien avec des armes, des incendies criminels et des enlèvements.

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