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Orlando : « attention, nous les gais, on peut encore être une cible »

La communauté LGBT d'Orlando tente d'encaisser le choc et de tirer des leçons de la tragédie qui a coûté la vie à 49 personnes, majoritairement des homosexuels. Peut-on retirer du positif de l'horreur?

Un texte de Thomas Gerbet

« Ça aurait pu être moi, ça aurait pu être un soir où je sors », se répète Thomas Berthier depuis dimanche. Dans les heures qui ont suivi l'attentat, ce Français marié à un Américain a reçu de nombreux appels de sa famille en Europe qui craignait son décès.

Thomas Berthier avait tenu l'évolution de la société américaine pour acquis. L'an dernier, la Cour suprême a légalisé le mariage entre personnes du même sexe. Après avoir passé une partie de sa vie à cacher son orientation sexuelle, il se réjouissait que « les États-Unis considèrent de moins en moins les homos comme des citoyens de seconde zone ».

Mais c'était avant le drame du Pulse, avant les prises de position de Donald Trump contre la communauté LGBT.

Tuerie à Orlando

« Il y a encore des paquets de gens qui n'arrivent pas à accepter les gais. On ne sait pas pourquoi, est-ce que c'est la religion ou la culture? Il y a du travail d'éducation à faire, notamment avec des églises qui véhiculent encore un discours hallucinant », dit-il.

Thomas Berthier entend des amis qui ne veulent plus sortir dans les bars de peur d'être une cible. « Ça me pose un souci : on ne doit pas arrêter de vivre parce qu'on a peur. On n'a rien fait de mal, donc on n'est pas censés être une cible », soutient-il.

S'il y a une chose positive qui ressort de cette tragédie selon lui, c'est que des millions de personnes, pas nécessairement LGBT, sont sorties dans la rue dans le monde pour brandir le drapeau arc-en-ciel. Et pour certaines, il s'agissait d'une première fois.

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