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Ottawa accueille prudemment l'élection de Valérie Plante et son projet de « ligne rose »

Elle-même candidate à la mairie de Montréal en 2013, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, s'est dite lundi « très contente » de l'élection de Valérie Plante, qui a fait l'histoire dimanche en devenant la première femme à prendre les rênes de la métropole québécoise. Mais à l'instar des autres ministres du Cabinet Trudeau, elle ne s'est pas pour autant montrée très ouverte à contribuer financièrement à la construction d'une « ligne rose », la promesse phare de la campagne de Projet Montréal.

Interrogée sur ce sujet précis, Mme Joly est demeurée vague sur ses intentions.

« Je pense que, de façon générale, ce qui préoccupe beaucoup les Montréalais, c’est la question de la mobilité. S’assurer qu’on puisse aller du point A au point B le plus rapidement possible, sans la multitude de cônes orange, bref, qu’on ait accès à du transport collectif. Alors on va être prêts à étudier tous les projets. Nous, on était présents pour la question du REM [Réseau électrique métropolitain] et on a investi massivement au niveau fédéral en transport en commun, donc je pense que c’est une belle priorité commune », a-t-elle mentionné.

La ministre, qui a décrit Valérie Plante comme « une femme progressiste », a néanmoins ajouté que cela lui fera « plaisir de travailler avec elle sur plusieurs sujets, des arts et de la culture jusqu’au développement économique, en passant par le logement social ».

Elle a également tenu à saluer le travail du maire sortant, Denis Coderre, qui a annoncé après sa défaite de dimanche soir qu'il quittait la politique municipale.

« Je pense que, de façon générale, M. Coderre a consacré beaucoup d’énergie, beaucoup de temps à servir les citoyens de Montréal, a-t-elle souligné. Mais ils ont décidé d’élire une jeune femme mairesse et puis c’est une première en 375 ans, alors c’est une bonne nouvelle. »

Fait à noter, le parti fondé par Mélanie Joly, Vrai changement pour Montréal, n'a fait élire aucun candidat sur la vingtaine qui se présentaient sous sa bannière, surtout dans l'Ouest-de-l'Île. Entre autres, sa chef actuelle, Justine McIntyre, n'a pu déloger le maire de Pierrefonds-Roxboro, Jim Beis.

« Une décision locale », selon Sohi

Interpellé au premier chef par la « ligne rose » de Valérie Plante, le ministre de l'Infrastructure et des Collectivités, Amarjeet Sohi, n'a pas voulu s'engager clairement à financer le projet, affirmant qu'il appartenait aux autorités locales de décider des priorités d'investissement en matière d'infrastructures de transport collectif.

« C'est une décision locale de prioriser quels projets ils veulent que nous subventionnions », a-t-il dit.

Il a rappelé que le gouvernement fédéral, en matière de transport collectif, s'était déjà engagé à financer le prolongement vers l'est de la ligne bleue du métro de Montréal et le futur REM.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, est également demeuré vague, lui qui avait appuyé Denis Coderre lors de la course à la mairie. « On travaille très bien avec la Ville de Montréal sur beaucoup de dossiers. C'était le cas avec M. Coderre; ça va être le cas avec Mme Plante », a-t-il promis.

Cette prudence n'est pas sans rappeler celle dont a fait preuve lundi le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, soulignant qu'il y avait déjà « beaucoup de projets en cours actuellement ».

La veille, le premier ministre Trudeau avait félicité Valérie Plante sur Twitter, se réjouissant qu'une première femme ait été élue mairesse de Montréal. « J’ai hâte qu’on travaille ensemble à nos priorités communes », avait-il écrit.

Les deux élus se sont d'ailleurs croisés lundi soir, à en croire le compte Instagram du premier ministre.

« Dix ans de travail dans la communauté, ça rapporte! Belle discussion avec la mairesse élue @val_plante sur ses plans pour Montréal », a-t-il écrit, vers 22 h.

Une promesse phare de Projet Montréal

La ligne rose a fait couler beaucoup d'encre pendant la campagne électorale.

Denis Coderre a fortement critiqué le projet, estimant que son coût de construction, évalué à 5,9 milliards de dollars par le parti de Mme Plante, serait bien plus important. Il a même évoqué le chiffre de 25 milliards de dollars en fin de campagne.

Dans tous les cas, Projet Montréal reconnaît que, même si les différents ordres de gouvernement s'engageaient rapidement à financer la construction d'une telle ligne de métro, celle-ci ne verrait pas le jour avant plusieurs années. Tout au plus, Valérie Plante a-t-elle promis une première pelletée de terre « dans un échéancier réaliste ».

Dans son cadre financier révisé, la formation a prévu 1,2 million de dollars pour procéder aux études nécessaires d'ici 2021, date à laquelle auront lieu les prochaines élections municipales.

Projet Montréal ne prévoit aucune somme en réserve provenant des budgets de la Ville de Montréal pour la construction de la ligne rose à proprement parler.

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