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Ottawa devance l'accueil de 10 000 réfugiés syriens d'ici un an

Tous les Syriens qui ont fui leur pays seront dorénavant considérés par le Canada comme des réfugiés. C'est la mesure qu'a retenue le gouvernement conservateur pour accélérer le traitement des demandes.

Le Canada n'augmente pas sa cible, mais croit ainsi pouvoir accueillir 10 000 réfugiés syriens d'ici un an, soit 15 mois plus tôt que prévu.

Stephen Harper avait promis un plan il y a 10 jours pour accélérer l'accueil de réfugiés au Canada, après que la photo du petit Alan Kurdi gisant sur une plage turque eut ému le monde. C'est le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada, Chris Alexander, qui en a fait l'annonce samedi.

Le statut de réfugiés, accordé par l'ONU, est long et complexe à obtenir. Que le Canada le donne automatiquement aux Syriens qui ont quitté leur pays, à moins d'avis contraire, facilitera le processus d'accueil. Les réfugiés feront tout de même l'objet de vérifications de sécurité, d'antécédents judiciaires et médicaux. 

Et justement, le gouvernement va dépêcher des agents de visas supplémentaires sur le terrain ces prochaines semaines pour réaliser ces vérifications, en plus de doubler le nombre d'employés qui traitent les demandes de parrainage privé ici, au Canada.

Le coût estimé de ces mesures : 25 millions de dollars sur deux ans.

Ottawa compte rendre une décision pour toutes les demandes d'asile déjà reçues d'ici la fin de l'année.

Le gouvernement canadien s'était engagé, en janvier, à accueillir 10 000 réfugiés syriens en trois ans, soit d'ici 2018. Ce sont eux qui sont touchés par l'annonce d'aujourd'hui.

Rappelons qu'en début de campagne, Stephen Harper a aussi promis, s'il est réélu, d'accueillir 10 000 Syriens de plus au Canada d'ici quatre ans. Rien n'est prévu dans leurs cas. 

Il faut en faire plus, selon l'opposition

Le Nouveau Parti démocratique a applaudi l'annonce des conservateurs - « un pas dans la bonne direction » , tout en soulignant que le Canada doit accueillir 10 000 réfugiés syriens « immédiatement », d'ici la fin de l'année.

Réagissant au nom du Parti libéral, la candidate Mélanie Joly soutient pour sa part que le plan des conservateurs est nettement insuffisant et y voit un signe que leur politique a échoué.

« Clairement, ce qu'on a compris aujourd'hui, c'est que la politique du gouvernement Harper en matière de réfugiés est un échec. Et c'est une admission de la part du gouvernement Harper que [leur] politique est un échec », a déclaré Mélanie Joly.

Selon Mme Joly, le gouvernement conservateur n'a aucune volonté de trouver des solutions à la crise des réfugiés. « Il y a eu des retards dans les admissions et les traitements de dossiers parce que c'était un, un manque de volonté politique et deux, la politique de M. Harper était d'accepter peu de réfugiés », a ajouté Mme Joly rappelant que son parti promet d'accueillir 25 000 réfugiés syriens le plus rapidement possible. 

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