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Ottawa doit décider de l'avenir de deux projets de pipelines d'Enbridge cette semaine

Le premier projet, qui a déjà beaucoup retenu l'attention du public, est le projet Northern Gateway, un projet de construction de pipeline pour transporter le pétrole des sables bitumineux de l'Ablerta jusqu'à un port pétrolier situé sur la côte nord de la Colombie-Britannique.

Cela fait maintenant plus de 10 ans qu'Enbridge élabore ce projet d'oléoducs de 7,9 milliards de dollars, qui prévoit la construction de plus de 1000 kilomètres de conduites entre le nord-est d'Edmonton et le port en eaux profondes de Kitimat, près du Pacifique, pour l'exportation de pétrole brut vers l'étranger. Une conduite parallèle rapporterait en Alberta quelque 193 000 barils par jour de diluant, un produit utilisé pour liquéfier davantage le bitume afin d'accélérer son transport par oléoduc.

La Cour fédérale a annulé la décision de l'ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper qui avait approuvé le projet. Le premier ministre Justin Trudeau et son cabinet doivent maintenant décider s'ils lanceront de nouvelles consultations avec les Autochtones comme demandé par la Cour ou s'ils laisseront tout simplement tomber le projet.

Peu d'attention pour le plus gros projet d'Enbridge

Un autre projet du géant Enbridge, le plus important de son histoire, a beaucoup moins retenu l'attention du public et des manifestants. Il s'agit du projet de remplacement de la canalisation 3. Ce projet prévoit le remplacement d'une canalisation vieillissante de 1660 kilomètres. L'oléoduc visé par le projet part de Hardisty en Alberta, croise les Prairies, traverse la frontière canado-américaine près de Gretna au Manitoba et se termine à Superior au Wisconsin sur les rives du lac Supérieur.

L'oléoduc, construit dans les années 60, est à l'origine de plusieurs fuites au cours des années. Il opère actuellement à la moitié de sa capacité après qu'Enbridge eut réduit volontairement la pression en raison d'inquiétudes quant à sa fiabilité. La nouvelle canalisation permettra à l'entreprise d'acheminer 760 000 barils de pétrole par jour.

Enbridge soutient que son remplacement le rendra plus sécuritaire et permettra une mise à niveau aux normes techniques modernes.

La pétrolière doit entamer les travaux bientôt, car le département américain de la Justice lui a ordonné en juillet de remplacer l'oléoduc existant d'ici décembre 2017 ou à tout le moins d'y effectuer des améliorations importantes. Cet ordre est compris dans une entente à l'amiable conclue par Enbridge avec le gouvernement américain après la fuite de 3,8 millions de litres de pétrole dans la rivière Kalamazoo au Michigan en 2010.

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