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Ottawa envisage toujours de vendre ses aéroports

Le gouvernement Trudeau a demandé dans le plus grand secret à la firme PricewaterhouseCoopers (PwC) d'examiner les retombées de l'éventuelle privatisation des aéroports, dont Montréal-Trudeau et Toronto Pearson, qui générerait des revenus se chiffrant en milliards de dollars.

Le contrat a été accordé à PwC par la Corporation de développement des investissements du Canada (CDEV), au nom du ministère fédéral des Finances.

En mars dernier, l'opposition à Ottawa avait craint que le ministre des Finances Bill Morneau n'annonce la privatisation des aéroports dans son budget, ce qui n'avait finalement pas été le cas.

Toutefois, il appert que le gouvernement libéral envisage toujours la possibilité de se départir de ses actifs liés aux aéroports, à en juger par une note d'information émanant du ministère des Finances et dont CBC a obtenu copie.

Dans cette note, CDEV confie à PwC la tâche d'« agir en tant que conseiller commercial » pour analyser un « cadre de gouvernance pour un ou plus d'un aéroport canadien ».

Le porte-parole de CDEV, Zoltan Ambrus, a confirmé par courriel que cette société de la Couronne avait embauché PwC « plus tôt cette année pour offrir des conseils complémentaires sur les aéroports ».

« Oui, PwC nous conseille toujours », a précisé M. Ambrus. En plus du contrat conclu avec PwC, CDEV a aussi retenu les services de conseillers juridiques dans l'éventualité d'une vente de ses intérêts relativement aux aéroports.

Depuis 1994, ce sont des sociétés privées sans capital-actions et à but non lucratif qui gèrent les aéroports canadiens et qui louent, au gouvernement, les installations aéroportuaires.

Le sort de 26 aéroports est en jeu

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement canadien confie à une firme externe le soin de se pencher sur le sort des aéroports. L'an dernier, Crédit Suisse Canada avait fourni à CDEV des conseils financiers au sujet de la privatisation éventuelle de 8 aéroports d'importance au pays et de 18 autres plus petits.

Tant CDEV que le ministère des Finances ont refusé de dévoiler le contenu du rapport produit par Crédit Suisse Canada, le contrat accordé à cette firme et le coût que ces activités ont entraîné pour les contribuables. Et ce, en dépit des nombreuses questions posées en ce sens par les médias et par l'opposition à la Chambre des communes.

L'Institut C.D. Howe avait estimé en février dernier que le gouvernement canadien récolterait entre 7,2 et 16,6 milliards de dollars en se défaisant de ses intérêts dans les huit plus gros aéroports du pays : Halifax, Montréal, Ottawa, Toronto, Winnipeg, Edmonton, Calgary et Vancouver.

Des coûts accrus pour les voyageurs

Le PDG et président d'Air Canada, Calin Rovinescu, s'oppose à la privatisation des aéroports, qui occasionnerait, selon lui, des coûts accrus pour les voyageurs et pour les compagnies aériennes.

Craig Richmond, président-directeur général de l'aéroport international de Vancouver, s'y oppose aussi. « Je crois que ce serait une erreur de privatiser dans le but de faire un coup d'argent », avait affirmé M. Richmond, en novembre dernier.

Craig Richmond a déclaré à une publication de l'industrie aérienne qu'il comprenait l'intérêt pour Ottawa de vendre les aéroports afin d'encaisser, d'un seul coup, un profit considérable. Mais, de dire le PDG de l'aéroport international de Vancouver : « Ce serait comme vendre les meubles de votre maison dans le but de rembourser le solde de votre carte de crédit ».

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