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Ottawa lancera cet été des consultations sur la lutte contre la radicalisation

Le gouvernement fédéral promet de répondre aux appels à l'aide de parents dont les jeunes sont radicalisés. Ottawa veut toutefois mener des consultations avant de mettre sur un pied un bureau fédéral qui va gérer les efforts nationaux dans la lutte contre la radicalisation.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Nous avons présenté au secrétaire parlementaire du ministre de la Justice, Michel Picard, des extraits du témoignage de parents ontariens qui vivent avec un jeune homme radicalisé par un groupe suprémaciste.

Le jeune adulte est autiste, ses parents qui vivent avec lui sont à bout de souffle. Après des années à avoir tout tenté pour obtenir de l'aide, ils ont contacté à Montréal le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

Au pays, les ressources sont inégales et dans certaines régions, elles sont rares.

Le secrétaire parlementaire Michel Picard affirme que son gouvernement veut en faire plus pour aider les parents, comme ceux que nous avons rencontrés.

Un bureau et une stratégie

Pour mieux coordonner les efforts de lutte contre la radicalisation au pays, le gouvernement fédéral a dégagé 35 millions de dollars sur 5 ans pour la création d'un bureau national. L'objectif de l'organisation sera de coordonner les différents efforts régionaux.

Selon le Plan sur les priorités du ministère de la Sécurité publique, l'ouverture de ce bureau est prévue pour mars 2017, mais le gouvernement ne veut pas se précipiter.

Cet été, Ottawa entend donc mener des consultations sur une stratégie nationale de lutte contre la radicalisation menant à la violence. Le gouvernement Trudeau, qui dit avoir déjà entamé les discussions avec certains experts, se dit prêt à attendre tous ceux qui pourront aider à la mise sur pied de ce bureau.

Étudier le modèle québécois

Le gouvernement fédéral va, entre autres, s'intéresser au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence de Montréal. Cet organisme, financé par le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal, reçoit certains appels de familles de jeunes radicalisés d'autres provinces canadiennes. Une visite de représentants du fédéral devrait avoir lieu sous peu.

Ottawa s'intéresse aussi au travail d'un centre de prévention de la radicalisation mis sur pied par la police de Calgary, en Alberta.

Une stratégie qui crée de grandes attentes 

La création d'un plan national de lutte contre la radicalisation, une promesse électorale des libéraux, fait naître beaucoup d'espoir pour les parents désespérés de trouver de l'aide. C'est aussi le cas des intervenants qui travaillent déjà à prévenir la radicalisation.

Daniel Gallant, cofondateur de l'organisme Extreme Dialogue, vit en Colombie-Britannique. Il a été recruté à 19 ans par un groupe néonazi avant de s'en sortir 10 ans plus tard.

Il veut maintenant aider ceux « dont la jeunesse a été volée par les extrémistes », peu importe l'idéologie.

Le problème, c'est que les moyens de son organisation sont limités, faute de ressources et d'argent. Difficile pour lui d'aider des jeunes de l'extérieur de la Colombie-Britannique dont les parents le contactent.

« Des parents et des intervenants ont besoin d'aide », lance celui qui veut que son expertise soit mise à contribution dans l'élaboration de la stratégie fédérale.

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