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Ottawa pourrait louer des brise-glaces en cas de besoin, selon Jean D'Amour

Affirmant être bien au fait des problèmes de déglaçage de la voie maritime du Saint-Laurent, le ministre québécois délégué aux Affaires maritimes, Jean D'Amour, affirme qu'Ottawa envisage plusieurs solutions, dont la location de brise-glaces, en attendant les nouveaux.

Interrogé jeudi matin à l’émission Gravel le matin sur un document secret obtenu par Radio-Canada qui prévient Ottawa des risques « considérables » que pose, pour l'économie de l’est du pays, le mauvais état de sa flotte de brise-glaces dans le fleuve Saint-Laurent, le ministre Jean D’Amour affirme avoir lui-même relayé ses inquiétudes au fédéral.

« Oui, je suis au courant depuis déjà un bon moment. Je suis intervenu concrètement […] en octobre 2016. En janvier 2017, j’ai écrit à mon vis-à-vis, M. Leblanc, à Ottawa, je lui ai parlé au téléphone », a expliqué Jean D’Amour.

Selon le ministre québécois, son homologue des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Dominic LeBlanc, l’a assuré que des gestes sont posés à Ottawa pour remédier à la vulnérabilité de la voie maritime du Saint-Laurent l’hiver.

« M. Leblanc m’a répondu en me disant que présentement, il met à jour son plan de renouvellement de la flotte au niveau de la garde côtière », a déclaré Jean D’Amour.

« D’autre part, il m’assure qu’il va entretenir les bateaux existants. Le troisième élément, c’est qu’on regarde pour peut-être louer des bateaux que l’on dit intérimaires, qui pourraient venir desservir le Saint-Laurent en cas de besoin. », a poursuivi le ministre québécois.

Le maire de Montréal préoccupé

En point de presse jeudi, le maire de Montréal, Denis Coderre, a confirmé que la Ville était aussi en contact avec le gouvernement du Canada et qu’elle attendait des réponses en ce qui a trait à la circulation des bateaux l'hiver sur le fleuve.

« Montréal est une ville de quatre saisons, alors la question hivernale et de ces brise-glaces est importante pour nous également. On va faire les vérifications et on fera des pressions en ce sens », a déclaré M. Coderre.

Des risques bien réels

Or selon un document secret destiné au cabinet Trudeau que Radio-Canada a pu consulter, des dizaines de milliers d’emplois pourraient être menacés, notamment dans les ports de Montréal et de Québec, en raison de la lenteur du gouvernement fédéral à entretenir et à renouveler sa flotte de brise-glaces qui sont déjà vieux de 35 ans.

Selon le rapport, si les cargos qui alimentent l’industrie de l’est de l’Amérique ne peuvent plus circuler efficacement toute l’année dans le Saint-Laurent, ils pourraient se tourner vers New York et Boston.

L'analyse interne consultée par Radio-Canada soutient en effet qu'en l'absence de services de déglaçage adéquats, le port de Montréal pourrait perdre son service de conteneurs au profit de concurrents américains.

Conscient de cette réalité, Jean D’Amour relativise cependant l’état de la situation.

Pour l’économie du Québec, la voie maritime du Saint-Laurent est essentielle, non seulement pour l’acheminement des marchandises, mais pour les milliers d’emplois qu’elle procure. On estime à plus de 110 000 le nombre d’emplois liés au transport des marchandises dans la province.

« Ce que l’on vend, quand on vend le Québec au niveau maritime, on vend l’accessibilité du Saint-Laurent 365 jours par année. Quand je parle à des armateurs à l’extérieur, je les assure que le Saint-Laurent est accessible en tout temps. Pour eux, c’est une police d’assurance, avoue Jean D’Amour. Alors, la responsabilité que le gouvernement fédéral a, c’est de faire en sorte que cette voie maritime soit dégagée. », conclut-il.

Le transport maritime par conteneurs génère chaque année des retombées de plusieurs milliards de dollars dans l’est du Canada.

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