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Ottawa recommande de ne pas se rendre en Haïti

Tandis que la situation revient lentement à la normale en Haïti, après une fin de semaine de chaos et de violence, Ottawa recommande toujours aux Canadiens d'éviter tout « voyage non essentiel » dans le pays.

À Port-au-Prince, la capitale de la Perle des Antilles, beaucoup de marchandes de fruits et légumes ont ainsi repris leur place sur les trottoirs, et les taxis-motos occupent de nouveau leurs carrefours habituels, même si les clients se faisaient rares.

Quelques voitures tentaient de se frayer un passage au milieu de rues encore chargées de barricades.

Et si les violences avaient forcé l'annulation de tous les vols pendant la fin de semaine, trois avions en provenance des États-Unis ont atterri à l'aéroport Toussaint Louverture, dimanche après-midi.

Les ambassades du Canada et de la France demeureront fermées lundi, sauf pour éventuellement aider leurs ressortissants en détresse.

Les différents blocs parlementaires haïtiens doivent entamer des discussions pour déterminer la suite des choses. Des élus réclament le départ du premier ministre Jack Guy Lafontant, déjà très impopulaire avant l'adoption de la hausse controversée du prix du carburant.

Autre tempête à l'horizon?

Les contestataires haïtiens ont par ailleurs annoncé une grève générale de deux jours à partir de lundi, en exigeant le départ immédiat du président Jovenel Moïse, et ce, malgré le fait que le gouvernement a reculé, samedi, en annulant la forte hausse du prix du carburant annoncée la veille.

De nombreux pillages ont eu lieu au coeur de la capitale haïtienne, dans la commune de Delmas.

Près d'un des commerces pillés, Alphonse Charles tentait de rester calme devant la carcasse brûlée de sa voiture.

« Je dois continuer à vivre, on ne va pas se laisser emporter pour ça seulement », a-t-il ajouté.

Le chef de police de Port-au-Prince, Michel-Ange Gédéon, a pour sa part appelé les forces de l'ordre à réprimer les « bandits qui menacent la paix et la sécurité du pays ».

Les violences ont fait au moins quatre morts, selon un décompte de l'AFP.

Afin de tenter de ramener le calme et disperser les casseurs, la police a tiré en l'air et employé des grenades lacrymogènes.

Le Canada lance un appel au calme

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a publié dimanche un communiqué pour faire part de sa préoccupation concernant « la violence et les troubles civils » dans le pays.« Les Canadiens se tiennent aux côtés du peuple d'Haïti en ces temps difficiles, et nous offrons nos plus sincères condoléances aux victimes de la violence », a déclaré la ministre.

Le gouvernement fédéral a par ailleurs lancé un avis recommandant aux Canadiens d'éviter tout « voyage non essentiel » en Haïti, « en raison des troubles civils qui sévissent à travers le pays ».

Le gouvernement haïtien a annoncé samedi le gel « jusqu'à nouvel ordre » de la hausse du prix des produits pétroliers.

Les autorités avaient fait part la veille d'une augmentation des prix de l'essence (38 %), du diesel (47 %) et du kérosène (51 %).

Le nouveau cadre de référence entre le Fonds monétaire international (FMI) et Haïti, signé en février, prévoyait la cessation de la subvention publique des produits pétroliers, l’une des sources du déficit budgétaire de l'État.

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