Retour

Ottawa recommande de ne pas se rendre en Haïti, où se multiplient violences et pillages

Alors que les violences se poursuivent dimanche en Haïti pour une troisième journée consécutive, Ottawa recommande aux Canadiens d'éviter tout « voyage non essentiel » dans le pays.

Les contestataires haïtiens ont annoncé une grève générale de deux jours à partir de lundi, en exigeant le départ immédiat du président Jovenel Moïse, et ce, malgré le fait que le gouvernement a reculé, samedi, en annulant la forte hausse du prix du carburant annoncée la veille.

De nouveaux pillages ont par ailleurs eu lieu au coeur de la capitale haïtienne, dans la commune de Delmas. Quelques groupes s'attelaient aussi à construire de nouvelles barricades en périphérie de Port-au-Prince.

Près d'un des commerces pillés, Alphonse Charles tentait de rester calme devant la carcasse brûlée de sa voiture.

« Je dois continuer à vivre, on ne va pas se laisser emporter pour ça seulement », a-t-il ajouté.

De jeunes hommes s'affairaient par ailleurs à retirer les étagères vides des supermarchés incendiés lors des manifestations des deux derniers jours, tandis que plusieurs corps reposaient parmi les débris dispersés dans les rues.

Le chef de police de Port-au-Prince, Michel-Ange Gedeon, a appelé les forces de l'ordre à réprimer les « bandits qui menacent la paix et la sécurité du pays ».

Vendredi, on a rapporté aux moins trois morts, et la police a signalé dimanche avoir trouvé quatre cadavres supplémentaires.

Plusieurs compagnies aériennes comme American Airlines et Air France ont annulé leurs vols samedi et dimanche matin, avec possibilité de prolongation pour l'après-midi faute de personnel pouvant se déplacer pour assurer leurs services à l'aéroport Toussaint Louverture.

L'aéroport a également indiqué ne disposer que d'un stock limité d'eau et de nourriture.

Les dégâts sont particulièrement conséquents : un peu partout dans le pays, les réseaux de communication ont été coupés ou endommagés. Difficile, voire impossible de rejoindre certaines personnes via téléphone ou par Internet.

Les habitants tentaient malgré tout de revenir à une vie normale. Beaucoup de marchandes de fruits et légumes ont repris leur place sur les trottoirs et les taxis-motos étaient de retour à leurs carrefours habituels, même si les clients se faisaient rares. Quelques voitures tentaient de se frayer un passage au milieu des rues encore chargées de barricades.

Le Canada lance un appel au calme

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a publié dimanche un communiqué pour faire part de sa préoccupation concernant « la violence et les troubles civils » dans le pays.« Les Canadiens se tiennent aux côtés du peuple d'Haïti en ces temps difficiles, et nous offrons nos plus sincères condoléances aux victimes de la violence », a déclaré la ministre.

Le gouvernement fédéral a par ailleurs lancé un avis recommandant aux Canadiens d'éviter tout « voyage non essentiel » en Haïti, « en raison des troubles civils qui sévissent à travers le pays ».

Le gouvernement haïtien a annoncé samedi le gel « jusqu'à nouvel ordre » de la hausse du prix des produits pétroliers.

Les autorités avaient annoncé la veille une augmentation du prix de l'essence de 38 %, de celui du diesel de 47 % et de celui du kérosène de 51 %.

Le nouveau cadre de référence entre le Fonds monétaire international (FMI) et Haïti, signé en février, prévoyait la cessation de la subvention publique des produits pétroliers, l’une des sources du déficit budgétaire de l'État.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Trop mignons ces animaux qui font dodo





Rabais de la semaine