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Ottawa réembauche des agents d'intervention environnementale

Décimées sous le gouvernement Harper, les équipes fédérales d'intervention environnementale sont peu à peu rebâties pour augmenter leur capacité en cas d'urgence. Radio-Canada a appris que le gouvernement libéral a commencé à réembaucher des agents chargés d'intervenir lors d'accidents industriels ou de déversements pétroliers sur les côtes atlantiques et pacifiques.

Un texte d'Alexandre Touchette

Les compressions imposées en 2011 par le gouvernement Harper dans la fonction publique fédérale ont été particulièrement douloureuses à Environnement Canada. Ce ministère, qui figure parmi les plus modestes au sein de l'appareil fédéral, avait alors perdu plus de 775 postes, soit plus de 11 % de sa main d'œuvre.

Dans la foulée de cette vague de mises à pied, le gouvernement Harper avait centralisé à Montréal les équipes d'urgences environnementales en fermant les neuf bureaux régionaux qui étaient répartis à la grandeur du pays. Le nombre d'agents avait été réduit des trois quarts passant de 33 à 8. Quand survenaient des accidents à l'autre extrémité du pays, dans le nord de la Colombie-Britannique par exemple, les agents pouvaient alors mettre plusieurs jours pour se rendre sur place.

Une intervention rapide est pourtant cruciale, puisque les agents doivent tenter de minimiser les dommages lors d'accidents comme des déraillements de train, des échouements de navire ou des bris de pipeline. En plus de fournir des services spécialisés comme la modélisation du panache de contamination ou la cartographie des écosystèmes affectés, ils doivent aussi s'assurer que les travaux de nettoyage et de décontamination se font dans le respect des lois fédérales. L'embauche des nouveaux agents se fera près des secteurs où le trafic maritime est le plus intense.

En ayant des ressources additionnelles sur les côtes pacifiques et atlantiques, ça va nous permettre une intervention plus rapide.

Marc-Étienne Lesieur, gestionnaire des politiques environnementales à Environnement Canada

L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, le syndicat qui représente les scientifiques employés par Ottawa, salue l'initiative, mais souligne qu'il faudrait embaucher plus de 340 personnes pour pourvoir tous les postes de scientifiques éliminés à Environnement Canada par le gouvernement conservateur. Karel Mayrand, de la Fondation David Suzuki, estime quant à lui que l'augmentation de la capacité d'intervention en cas d'accident doit être accompagnée d'une amélioration des efforts de prévention.

Si on veut assurer la sécurité du transport d'hydrocarbures au Canada, ça passe par plus d'inspections, une meilleure réglementation, des meilleurs contrôles de sécurité et, à la toute fin, s'il y a des déversements, qu'on soit capables d'intervenir. Mais les ressources devraient aller à la prévention

Karel Mayrand, directeur pour le Québec et l'Atlantique de la Fondation David Suzuki

Karel Mayrand rappelle qu'un rapport du Bureau de la sécurité des transports rapporte plus de 900 incidents sur des pipelines qui ont causé des fuites entre 2005 et 2014, dont une dizaine de plus de 1 million de litres.

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