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Ottawa verse des milliards de dollars dans la défense

Après des mois de consultation, le gouvernement Trudeau annonce sa nouvelle politique de défense. Une stratégie qui passe notamment par des investissements plus importants, l'acquisition de nouveaux équipements et une meilleure capacité pour répondre aux cybermenaces.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, l'avait laissé entendre mardi. Son homologue de la Défense Harjit Sajjan le confirme aujourd'hui : le gouvernement Trudeau a choisi d'investir dans les Forces canadiennes.

De près de 19 milliards de dollars actuellement, le budget annuel de la Défense nationale passera à 32,7 milliards par année en 2026-2027.

Selon l'évolution de l'économie, la part du Produit intérieur brut (PIB) que le Canada investit pour la défense devrait augmenter, sans toutefois atteindre le 2 % que les membres de l'OTAN se sont engagés à dépenser. Le président américain Donald Trump a pressé à plusieurs reprises les pays membres de l'organisation à respecter ce seuil.

Part du PIB investi dans la défense (selon le gouvernement) :

  • 2016-2017 : 1,16 %
  • 2026-2027 : 1,4 %

Nouveaux avions, nouveaux navires

Ces investissements permettront notamment au Canada de se doter d'une nouvelle flotte d'avion de chasse.

Ottawa annonce son intention d'acheter 88 avions de chasse plutôt que les 65 annoncés précédemment, à travers un processus d'appel d'offres ouvert. On ne sait donc toujours pas sur quel constructeur le choix du gouvernement s'arrêtera.

À court terme, le gouvernement Trudeau s'était déjà engagé à se procurer 18 avions de chasse de manière intérimaire. Ces appareils ne sont pas inclus dans les futures acquisitions annoncées aujourd'hui.

Au niveau de la Marine, Ottawa s'engage à se doter de 15 navires de combat de surface. Cet équipement ne sera toutefois acquis qu'après 2026.

Par ailleurs, les documents annonçant la nouvelle politique de défense du Canada mentionnent un système de défense aérienne basé au sol sans donner beaucoup de détails.

Une armée modernisée

Le gouvernement Trudeau non seulement compte faire croître les rangs de l'armée de 3000 membres, mais il veut aussi l'adapter aux réalités du 21e siècle. 120 nouveaux postes de renseignements doivent ainsi être créés.

Ottawa veut également être mieux adapté pour répondre aux menaces informatiques.

Comme le rapportait Radio-Canada à l'automne, une nouvelle fonction de cyberopérateur sera créée. Et si le Canada se limitait jusqu'à présent à mener des opérations de cyberdéfense, son armée veut être prête à passer en mode attaque.

La nouvelle politique de défense prévoit ainsi « le développement de capacités pour mener des cyberopérations offensives militaires dans le but de cibler, d'exploiter et d'attaquer à l'appui des opérations militaires ».

La politique de défense évoque aussi l'importance d'investir dans les drones.

Plus de femmes dans les Forces

La Défense nationale s'engage, par ailleurs, à une meilleure représentation des femmes dans ses rangs. Ainsi, sa stratégie prévoit une augmentation de 1 % de femmes au sein des Forces par année, pour atteindre 25 % en 2026. La politique ne prévoit pas de distinction entre l'embauche dans les forces régulières et dans la réserve.

Les Forces s'engagent, par ailleurs, à simplifier les procédures officielles de plaintes en matière de harcèlement sexuel.

Pas de détails sur une éventuelle mission de paix

La politique de défense explique que les capacités et l'expertise spécialisée du Canada « peuvent jouer un rôle crucial pour renforcer l'efficacité d'une mission sur le terrain ».

Aucun détail n'a toutefois été annoncé sur l'éventuelle mission de maintien de la paix à laquelle pourrait participer le Canada et pour laquelle le gouvernement Trudeau a déjà annoncé qu'il serait prêt à déployer 600 soldats.

Aucun « changement significatif », selon le PCC

Le Parti conservateur du Canada a fortement critiqué la gestion du gouvernement Trudeau en matière de défense à la suite de l'annonce.

« Les libéraux ont perdu toute crédibilité en matière de défense nationale », a souligné le porte-parole Pierre Paul-Hus, député de Charlesbourg–Haute-Saint-Charles. Il a indiqué que les conservateurs ne s’attendent pas à des « changements significatifs » avec cette nouvelle politique.

Il a affirmé, lors d’une conférence de presse, que les Canadiens attendaient cette nouvelle stratégie, qui comprend « beaucoup de grandes promesses ».

« Depuis leur entrée en fonction, les libéraux ne cessent de réduire le budget du ministère de la Défense nationale et de gâcher d’importants projets d’approvisionnement », a ajouté le porte-parole conservateur en matière de défense nationale.

Pierre Paul-Hus a profité de l'occasion pour rappeler l’importance que les conservateurs accordent à la défense.

« Nous savons que nos alliés n’étaient pas contents de la décision du premier ministre Trudeau de retirer les CF-18 de la lutte contre le groupe armé État islamique », a-t-il affirmé.

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